Cheval de vent (Le)

Affiche Cheval de vent (Le)
Réalisé par Daoud Aoulad-Syad
Pays de production France, Maroc
Année 2001
Durée
Musique Youness Meghri
Genre Aventure, Comédie dramatique
Distributeur POM Films
Acteurs Mohamed Majd, Faouzi Bensaïdi, Saadia Azgoun, Mohamed Choubi, Mohamed Belfquih
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 435

Critique

"Hymne à la vie et à la beauté, ce film comme soufflé jusqu'à nous par les vents du désert nous plonge avec douceur au cœur des grandes questions existentielles.

Tahar est un vieil homme à la barbe blanche, ancien maréchal-ferrant. Il quitte la ville et la famille de son fils - trop raisonnable et flanqué d'une sotte épouse, dit-il - à la suite d'un rêve. Du ciel, sa femme en pleurs, décédée de longues années auparavant, semblait l'appeler. Il décide d'aller se recueillir sur sa tombe, à l'autre bout du Maroc.

Driss veut retrouver sa mère agonisante qu'il n'a pas revue depuis l'enfance. Ce jeune homme impétueux, psychiquement un peu fragile croise Tahar. Tous deux se font offrir un side-car et partent sur les routes ocres, rouges et dorées du Maroc, l'un voulant fuir le monde tel qu'il est devenu, l'autre cherchant la porte d'un avenir plus souriant. Ils font route vers les profondeurs d'eux-mêmes, Tahar évoquant ses souvenirs et Driss ses espoirs fous. Sans que le mot soit prononcé, c'est avec la mort que tous deux flirtent.

Le propos est universel - quoique très masculin - et met en scène une rencontre entre deux générations qu'au départ tant de choses séparent. Le vieux sage plein d'amertume et le jeune loubard un peu dingue, enfermés dans leurs solitudes, vont procéder par étapes, s'arrêtant pour parler, faire la rencontre d'autres êtres. L'un par l'autre, ils finiront tous deux par laisser la vie les convertir.

Le cheval de vent est donc un road-movie intérieur, une merveilleuse parabole moderne, tenue comme un miroir par un brillant photographe, le réalisateur Daoud Aoulad-Syad et un grand poète, le scénariste Ahmed Bouanani. Si la caméra est souple et mouvante, chaque élément du décor n'en perd pas pour autant sa richesse symbolique. A l'image du titre qui renomme ""cheval de vent"" ce que nous appelons ""side-car"", les images de cette œuvre revisitent la réalité (et le genre road-movie?) en l'habillant d'une somptueuse parure poétique. Chaque élément du décor nous est montré dans sa noblesse symbolique et sa richesse esthétique. Un vrai délice.

C'est sans doute un exemple de plus de cette leçon qui nous vient souvent du Sud: ce n'est pas parce que la vie est grise et que les questions sont graves qu'il faut oublier de vivre en couleur."

Ancien membre