Mad Heidi

Affiche Mad Heidi
Réalisé par Johannes Hartmann
Titre original Mad Heidi
Pays de production Suisse
Année 2022
Durée
Musique Mario Batkovic
Genre Action, Aventure, Epouvante-horreur, Comédie
Distributeur Praesens films
Acteurs Max Rudlinger, Alice Lucy, Casper Van Dien, David Schofield, Werner Biermeier, Pascal Ulli
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 889

Critique

Présenté comme le premier film d’exploitation suisse, Mad Heidi portait sur ses épaules les espérances d’un public désireux de voir les clichés de son pays tournés en ridicule, avec effusions de sang en bonus. Malheureusement, on reste sur notre faim sur les deux tableaux…

Dans une Suisse dystopique, un magnat tyrannique du fromage a pris le pouvoir, livrant une chasse aux sorcières contre les personnes intolérantes au lactose. Dans les Alpes, Heidi et son grand-père vivent une existence paisible jusqu’au jour où Peter, l’amant d’Heidi, se fait brutalement assassiner, libérant la folie meurtrière de la jeune femme.

Nous sommes en 2019. Johannes Hartmann et Sandro Klopfstein viennent au Neuchâtel International Fantastic Film Festival présenter une petite bande-annonce pour un film qu’ils espèrent mettre sur pied grâce à une campagne de financement participatif. Les premières images dévoilées à cette occasion sont explosives, sanglantes, corrosives et semblent susciter l’enthousiasme du public présent à l’événement neuchâtelois. En 2020, après avoir développé le scénario, le duo lance un appel aux investisseurs internationaux, qui leur rapporte 2 millions de francs et leur permet de tourner leur film en 2021. Une année plus tard, nous découvrons le produit fini au Vevey International Funny Film Festival.

À en juger par sa présence aux deux festivals cités, Mad Heidi promettait donc d’être fantastique et drôle… mais n’est au final ni l’un, ni l’autre. Évidemment, la démarche des réalisateurs est merveilleuse, car il est difficile de créer une telle œuvre, surtout en Suisse et d’autant plus en ne s’associant à aucun grand producteur ou aucune plateforme de streaming. Mais aussi attachant que soit ce projet, on ne peut s’empêcher de ressentir de la déception face à ce potentiel gâché. Techniquement et visuellement, la réalisation est pourtant réussie: les décors sont beaux, les actrices et acteurs (dont certains, comme Max Rüdlinger ou David Schofield ont tourné dans des grosses productions) se débrouillent bien, l’esthétique grindhouse, qui soutient la volonté des réalisateurs d’inscrire leur création en tant que premier film d’exploitation suisse, est réjouissante et le scénario se tient. Peut-être un peu trop bien d’ailleurs…

Car là où le bât blesse, c’est que Mad Heidi, malgré son titre et sa bande-annonce, n’est pas aussi déjanté ni satirique qu’il y paraît. Si les stéréotypes helvétiques (le fromage bien sûr, mais aussi le chocolat, l’absinthe, la lutte, la neutralité, l’émigration, et compagnie) sont égratignés, le ton reste très (trop?) sage. Est-ce parce que le foisonnement d’idées incluses ne laisse pas la place à leur approfondissement, ou parce que les réalisateurs n’ont pas osé ou voulu y aller plus fort? Ou peut-être le film est-il pensé pour un public plus international, qui rira davantage des clichés qu’on lui montre? Une chose est sûre: maintenant que la graine a été plantée, on peut espérer que d’autres créateurs suivront l’exemple et que de nouveaux projets d’une telle ampleur verront le jour en Suisse.

Amandine Gachnang

Appréciations

Nom Notes
Amandine Gachnang 12