Rue des plaisirs

Affiche Rue des plaisirs
Réalisé par Patrice Leconte
Pays de production France
Année 2001
Durée
Genre Comédie dramatique
Distributeur Pathé Distribution
Acteurs Patrick Timsit, Vincent Elbaz, Laetitia Casta, Catherine Mouchet, Isabelle Spade
N° cinéfeuilles 431
Bande annonce

Critique

"Trois prostituées en mal (ce n'est pas un jeu de mot) de clients évoquent le passé, l'époque des maisons closes qu'elles parent de toutes les qualités de luxe et de confort. Les deux aînées qui ont connu ce temps racontent à la plus jeune l'histoire de Petit Louis, l'homme à tout faire du Palais Oriental, qui brûlait d'un amour fou et impossible pour Marion, l'une des filles qui rêvait d'un avenir glorieux. Et, comme un chœur antique, sous leurs parapluies, elles commentent les événements dont elles furent les témoins. Elles marquent ainsi les étapes du récit.

Sans parvenir à la cheville d'un Marcel Carné, Patrice Leconte s'est-il inspiré du réalisme poétique des années 30-40? Le sujet s'y prêtait. A partir de là, il offre une vision romantique à la fois de la vie quasi familiale et chaleureuse que mènent les pensionnaires et, à la fois, du luxe cinq étoiles d'une telle institution. A croire que la loi ""Marthe Richard"" de 1945 qui a jeté les filles à la rue fut une erreur inhumaine et monumentale.

Et c'est dans ce décor que se noue le drame de Petit Louis (excellent Patrick Timsit) qui s'éprend de la belle Marion (inexpressive Laetitia Casta). A vouloir trop bien faire et jouer l'ange gardien, l'amoureux perpétuellement frustré sera le témoin impuissant d'un drame dont il a naïvement tiré les ficelles.

Tout est donc en place, les décors sont soignés, les éclairages particulièrement étudiés, l'histoire bien que banale se tient. Et pourtant, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Petit Louis est touchant dans sa persévérance à aimer dans l'ombre sans jamais tenter d'en sortir. Finalement tout cela manque d'émotion et ce film de 95 minutes semble durer des siècles. Il est risqué de faire aujourd'hui une œuvre du passé dans son fond et dans sa forme. Même dans ce registre Patrice Leconte a eu fait mieux."

Maurice Terrail