Rien que le soleil

Affiche Rien que le soleil
Réalisé par Arami Ullón
Titre original APENAS EL SOL
Pays de production SUISSE , PARAGUAY
Année 2020
Durée
Genre Documentaire
Distributeur Cineworx
Acteurs Mateo Sobode Chiqueño, Apai Roman Dosape Chiqueño, Tune Picanerai
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 870

Critique

Enregistrer les voix d’une culture précolombienne, telle est la mission du protagoniste de ce documentaire. Sa démarche est admirable, le film qui lui est dédié est quant à lui plus convenu.

Dans ce documentaire, la réalisatrice paraguayenne Arami Ullón suit Mateo Sobode Chiquenõ, un membre du peuple indigène ayoreo investi d’une besogneuse mission. Equipé de ses cassettes audio et d’un magnétophone, Mateo parcourt la région aride du Chaco au Paraguay pour enregistrer les histoires et les chants d’autres Ayoreo. C’est pour lui une manière d’inscrire dans les mémoires les voix de son peuple, qui avant l’arrivée de missionnaires évangéliques dans les années 60, vivaient dans la forêt, libre et nomade.

La valeur socio-ethnologique des témoignages recueillis par Mateo Sobode Chiquenõ est indéniable. Quelques décennies après leur sédentarisation et leur assimilation forcées, une grande partie des Ayoreo rejettent leurs racines et leur culture tend à sombrer dans l’oubli. En filmant le travail de Mateo avec une esthétique rappelant le western, la réalisatrice permet non seulement de mettre en lumière la problématique complexe liée à l’identité des peuples indigènes assimilés, mais également d’universaliser cette question. En effet, le parallèle entre ce qu’ont fait les colons au Chaco (assimiler la culture ayoreo au christianisme, sédentariser un peuple nomade, provoquer des épidémies, privatiser des terres puis les exploiter jusqu’à épuisement des ressources…) et ce que notre civilisation fait endurer à la planète entière est évident. La mise en scène insiste sur les conséquences environnementales dramatiques de cette transition, avec ses images de terres arides, ses diaporamas sur d’innombrables cadavres d’animaux et sa conclusion sur une forêt ardente. Toutefois, ces tentatives de contextualiser la démarche de Mateo dans une perspective plus large ne permettent pas vraiment au film de se détacher de son personnage et le condamne à n’embrasser que le seul point de vue de Mateo. C’est un regard figé sur le passé qu’aucun contrechamp ou proposition vient agrémenter. Finalement, plus que le film, c’est la démarche du protagoniste qui est intéressante.

Blaise Petitpierre

Appréciations

Nom Notes
Blaise Petitpierre 13