| Réalisé par | Philippe Le Guay |
| Titre original | L'Homme de la cave |
| Pays de production | France |
| Année | 2021 |
| Durée | |
| Musique | Bruno Coulais |
| Genre | Thriller |
| Distributeur | Agora |
| Acteurs | Jérémie Renier, François Cluzet, Bérénice Bejo, Jonathan Zaccaï, Victoria Eber, Denise Chalem |
| Age légal | 12 ans |
| Age suggéré | 12 ans |
| N° cinéfeuilles | 864 |
L’Homme de la cave est une belle confrontation entre deux excellents acteurs ainsi qu’une métaphore maligne du processus permettant la diffusion d’idées extrêmes au sein d’une société.
Lorsque Simon (Jérémie Renier) revend sa cave à un professeur de lycée (François Cluzet), il ne se doute pas que cette transaction anodine va les emporter, lui et sa famille, dans une spirale infernale. Plutôt habitué au registre de la comédie, le metteur en scène Philippe Le Guay change radicalement de genre avec cet ambitieux thriller dramatique. Derrière la confrontation entre la famille de bobos parisiens typiques et cet enseignant d’histoire déchu, L’Homme de la cave s’attaque à un problème sociétal et pas des moindres: l’antisémitisme nappé de négationnisme et de complotisme. Un sujet dans l’air du temps qui n’en demeure pas moins délicat à traiter. Dans l’ensemble, le film parvient à relever le défi.
Le premier atout du film, c’est la confrontation entre ses deux personnages principaux, particulièrement bien écrits et interprétés avec justesse par François Cluzet (dans un rôle pourtant difficile) et Jérémie Renier. D’un côté, on a un personnage de classe sociale moyenne supérieure, lucide et sincèrement bien intentionné. Mais l’enfer étant pavé de bonnes intentions, sa chute dans la crise est à la fois tragique et inéluctable. De l’autre, face à lui, un négationniste exécrable et misérable qui va pourtant réussir à pourrir les fondements idéologiques de l’entourage de Simon… depuis sa cave.
Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des personnages secondaires, notamment ceux de la famille de Simon. Caricaturaux, erratiques ou automatiques, on a l’impression qu’ils ne sont que des ressorts un peu poussifs servant à précipiter la chute de Simon.
L’autre force du film, c’est la très belle métaphore qu’offre la vision de cet abject personnage qui parvient depuis sa cave à pourrir la vie apparemment si sereine de cette copropriété parisienne. On peut y voir une transposition efficace des mécanismes par lesquels ces personnages extrêmes parviennent à gangréner la société avec leurs idées.
Le film se termine sur une note ambiguë, qui pourrait être embarrassante selon la lecture qu’on lui donne. Heureusement, cet épilogue est suffisamment abrupt pour que les intentions du réalisateur n’y soient pas exposées dans les détails et qu’elles ne restent qu’à l’état de points de suspension à l’intention de l’interprétation du spectateur.
Blaise Petitpierre
| Nom | Notes |
|---|---|
| Blaise Petitpierre | 14 |