The Navigators

Affiche The Navigators
Réalisé par Ken Loach
Pays de production Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne
Année 2001
Durée
Musique George Fenton
Genre Comédie dramatique
Distributeur Diaphana Films
Acteurs Steve Huison, Dean Andrews, Thomas Craig, Joe Duttine, Venn Tracey
N° cinéfeuilles 429
Bande annonce

Critique

"Les journaux ont relaté les péripéties que vivent les chemins de fer britanniques alors que le gouvernement a décidé leur privatisation. Après des années de mauvais fonctionnement, la loi votée en 1993 prétendait ""améliorer le service pour les voyageurs, reconquérir la clientèle et diminuer les contributions publiques"". Ces ambitions se réalisent mal, la gestion est morcelée, le personnel démotivé et des anecdotes rocambolesques circulent sur une situation qualifiée de chaotique.

C'est cet état de fait qui inspire le dernier film de Ken Loach. On sait le réalisateur proche des petites gens, dénonciateur de l'injustice qui obscurcit le monde du travail. Il ne faillit pas à la règle et trouve matière, dans la triste situation des chemins de fer britanniques, à un long métrage plus cru encore que les précédents.

Paul, Mick, Len et Gerry travaillent à Sheffield où ils s'occupent de l'entretien et de la signalisation de la voie. L'ambiance du dépôt est bonne, les ouvriers sont solidaires. Et puis, un matin, ils apprennent que les chemins de fer sont privatisés. Différentes sociétés en reprennent la gestion et le groupe de copains est morcelé. Les syndicalistes sont confrontés à l'alternative: tu marches ou tu pars.

THE NAVIGATORS est une fiction qui colle fortement à la réalité. Pour faire vrai, le réalisateur est allé chercher plusieurs de ses acteurs parmi les cheminots, ceux qui connaissent la réalité au ras de chaque traverse. L'aspect documentariste, la pluie qui tombe presque tous les jours, l'aspect sordide des bureaux et des appartements donnent sa crudité au film. Ken Loach dénonce à juste titre un quotidien que les cheminots anglais doivent bien vivre. Pourtant son message semble plombé dans le discours syndical. Certes, l'humour n'est pas absent du scénario, mais il y manque le souffle qui animait RAINING STONES (1993)."

Geneviève Praplan