Kaamelott – Premier volet

Affiche Kaamelott – Premier volet
Réalisé par Alexandre Astier
Titre original Kaamelott – Premier volet
Pays de production France
Année 2019
Durée
Genre Comédie, Aventure, Historique
Distributeur Ascot Elite
Acteurs Alain Chabat, Christian Clavier, Clovis Cornillac, Alexandre Astier, Lionnel Astier, Géraldine Nakache
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 859
Bande annonce (Allociné)

Critique

Voilà plus de dix ans que cela bruissait sur les forums de fans, les réseaux et les esprits des millions d’admirateurs de cette série qui, de 2005 à 2009 (sans compter les multiples rediffusions et tous les produits dérivés, les thèses universitaires et les colloques qui y sont consacrés), révolutionna la télévision par son humour et son intelligence, dont plusieurs des personnages sont devenus incontournables et de nombreuses répliques quasiment des proverbes. Le premier film de la trilogie censée clôturer l’aventure arrive enfin, après des années d’attente provoquées par des problèmes de droits ou de financement, un tournage souvent repoussé, suivi des retards dus à la pandémie.

Dix ans c’est long, et l’on craignait un peu que cela soit trop long. Les attentes avaient pu s’émousser, le public pouvait être réellement passé à autre chose... et Alexandre Astier aussi. C’était sans compter sur la patience et l’intérêt des spectateurs qui seront sans nul doute au rendez-vous le 21 juillet, ni sur la personnalité du créateur de cette version à la fois délirante et soignée de la légende arthurienne. Comme dans la série originelle, le nom d’Astier apparaît à de nombreuses reprises dans le générique du film, confirmant son statut de cerveau de Kaamelott mais aussi d’artiste complet: il est ici scénariste, réalisateur, comédien principal, producteur, monteur, compositeur de la bande originale et pianiste pour l’orchestre qui l’a enregistrée.

Il avait prévenu qu’il ne comptait pas faire un film qui ne serait destiné qu’aux adorateurs de la série télé, et qu’il allait même prendre le risque de les décevoir. Ce Premier volet peut en effet être vu par tout le monde en théorie même si, pour bien comprendre les nombreux clins d’œil faits à tous ces personnages, il vaut mieux avoir vu les épisodes. Ceux qui seront éventuellement déçus seront les téléspectateurs qui n’ont pas suivi (ou pas voulu suivre) l’évolution de Kaamelott depuis ses tout débuts, alors que son format consistait en quatre minutes de franche rigolade. Au fil des saisons, le concept de base s’était bien étoffé, mêlant de plus en plus à l’humour de l’émotion, du drame voire de la noirceur, sans que cela ne nuise au pittoresque des Perceval, Karadoc, Guenièvre, Léodagan et autres bras cassés essayant d’épauler le roi Arthur dans sa quête du Graal. Cette évolution amène tout naturellement à ce premier film, qui se situe dix ans après la fin de l’avant-dernière saison (rappelons que la dernière était un flash-back sur la jeunesse d’Arthur à Rome). Le roi qui ne veut plus l’être se retrouve dans son ancien royaume et va devoir affronter à nouveau son ennemi juré Lancelot... sans parler de tout le reste que nous ne dévoilerons pas.

Kaamelott - Premier volet est une très belle réussite à tous points de vue. Magnifiques images, mise en scène brillante, décors et paysages somptueux, acteurs inspirés au service d’un récit dont on sent bien que ce n’est que le début d’une trilogie homogène. Beaucoup de pistes sont lancées, des questions sont posées, qui ne seront sans doute résolues que dans le troisième film. Côté acteurs, en plus des partenaires habituels d’Arthur (dont certains, comme Merlin ou Bohort, ne font qu’une courte apparition), on a le plaisir de voir Guillaume Gallienne et Clovis Cornillac, qui eux aussi disparaissent assez vite, mais également le chanteur Sting dans un rôle étonnant. Le public suisse aura la surprise d’y noter la présence de Jean-Charles Simon dans une courte apparition. Certes, le côté très absurde et délirant des dialogues des tout premiers épisodes n’est plus là mais on s’y attendait, d’autant plus qu’Alexandre Astier est trop malin et respectueux de son œuvre pour avoir fait un film qui n’aurait été qu’une suite de sketches mis bout à bout. Le drame côtoie ici l’aventure et l’humour. L’émotion également, notamment dans une très belle scène où Arthur se souvient de sa fameuse table ronde. Le rythme est constant et s’emballe dans la dernière partie du film. Alors évidemment, si le film ne marche pas, les deux suites prévues seront compromises. Gageons que ce ne sera pas le cas et espérons-le, car il est évident qu’Alexandre Astier n’a pas dit son dernier mot et qu’il a encore de quoi nous surprendre... et c’est pas faux!


Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 16
Anthony Bekirov 10
Marvin Ancian 10