Bad Luck Banging Or Loony Porn

Affiche Bad Luck Banging Or Loony Porn
Réalisé par Radu Jude
Titre original Babardeală cu buclucsau porno balamuc
Pays de production Roumanie, Luxembourg, République tchèque, Croatie
Année 2021
Durée
Musique Jura Ferina, Pavao Miholjevic
Genre Drame
Acteurs Nicodim Ungureanu, Katia Pascariu, Claudia Ieremia, Olimpia Mălai, Alexandru Potocean, Andi Vasluianu
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 853

Critique

Le dernier film de Radu Jude est un geste qui se veut radical et fortement ancré dans le contexte de décadence pandémique qui a rythmé ces derniers mois. S’il aborde des problématiques pertinentes, la provocation de l’Ours d’or 2021 apparaît trop calculée pour vraiment surprendre et emporter l’adhésion.

Le prologue donne le ton: il s’agit d’extraits vidéo de rapports sexuels non simulés impliquant une enseignante (Katia Pascariu) d’une prestigieuse école secondaire. Les images sont accessibles depuis une plateforme de streaming et la maîtresse d’école va devoir littéralement affronter la pudibonderie de la société.

Radu Jude est un auteur qui a beaucoup de choses à dire. Depuis Aferim! qui était déjà reparti de Berlin avec un Ours d’argent en 2015, le réalisateur a tourné pas moins de dix films. Ce tempérament bouillonnant se ressent fortement dans son dernier long métrage. Tourné en pleine pandémie, Bad Luck Banging Or Loony Porn est un drôle d’objet arty composé de trois parties. Dans le premier acte, la caméra suit la protagoniste dans les rues de Bucarest et panote sur les obscénités d’une métropole contemporaine (enseignes envahissantes, véhicules agressant les passants, supermarchés remplis d’objets de consommation futiles, invectives alentour). S’ensuit une seconde partie composée d’aphorismes filmiques construits sur une succession de mots invoquant les fondamentaux de la société: histoire, religion, économie, sociologie. Dans une démarche décousue que n’aurait pas reniée Godard, Jude dépeint au vitriol sa société roumaine. Enfin, le film se termine dans la farce, avec un procès populaire de l’enseignante sur un ton très théâtral et outrancier. Tout ça pour ça! Jude tente un manifeste provocateur et irrévérencieux mais la note d’intention est trop grossière et le film ne peut pas être pris au sérieux. Dommage car les nombreux sujets esquissés le sont (consumérisme, sexisme, totalitarisme, éducation) et le film est parsemé de quelques fulgurances qui rappellent que Radu Jude n’est pas un adolescent terminant son école de cinéma.


Blaise Petitpierre

Appréciations

Nom Notes
Blaise Petitpierre 11