Miss Révolution

Affiche Miss Révolution
Réalisé par Philippa Lowthorpe
Titre original Misbehavior
Pays de production GRANDE-BRETAGNE , IRLANDE, AUSTRALIE
Année 2019
Durée
Musique Dickon Hinchliffe
Genre Comédie dramatique
Distributeur Pathé Films
Acteurs Keira Knightley, Rhys Ifans, Jessie Buckley
Age légal 8 ans
Age suggéré 10 ans
N° cinéfeuilles 842

Critique

Miss Révolution est une comédie dramatique légère et agréable revenant sur un fait survenu en 1970 à Londres. Un groupe de jeunes femmes activistes du MLF parvient, devant les caméras du monde entier, à saboter le concours de Miss Monde qualifié par elles de «foire aux bestiaux». Un sujet qui aurait mérité d’être traité avec beaucoup plus de mordant et d’humour noir qu’il ne l’est ici.

Sally (Keira Knightley) est au début du récit une jeune femme engagée dans le féminisme, mais sans être pour autant adepte des actions d’éclat. Elle tente, dans la vie quotidienne, dans ses études et par ses paroles, de faire changer la société britannique des années 70 corsetée et phallocrate. Elle est soutenue par son mari, aimant et compréhensif, mais est parallèlement désapprouvée par sa propre mère qui n’a été toute sa vie qu’une bonne et docile épouse et qui juge vain le combat de sa fille. A la suite d’une rencontre fortuite avec un groupe de jeunes activistes, Sally se rallie au projet du sabotage public de la cérémonie des Miss Monde. Un concours qui, en apparence seulement, se donne des airs progressistes mais qui symbolise l’exploitation des femmes. Un petit cerveau dans un corps de rêve, voilà ce qu’il faut pour devenir numéro 1. Cette action les conduira par la suite à être jugées pour troubles à l’ordre public et autres délits.

Ne nous y trompons pas, Miss Révolution est avant tout une comédie. Dommage que les scénaristes soient restées en surface et n’aient pas eu envie de prendre trop de risques. Elles ont peut-être craint, à tort, que le film ne soit plus une comédie s’il nous faisait éclater d’un rire jaune ou grincer des dents au lieu de simplement sourire ou soupirer. On rêve à ce que le film aurait pu être s’il avait été plus rock'n'roll! Dommage également que le contexte politique international n’ait pas été creusé davantage. Rappelons que la gagnante fut cette année-là Miss Grenade, la première femme noire à remporter ce concours et que l’Afrique du Sud, alors sous le régime de l’Apartheid, exerça des pressions pour que l’on couronne sa candidate. Le racisme et la politique s’invitèrent donc aussi à la cérémonie.

C’est par ses acteurs et certains de ses personnages hauts en couleur que le film est porté. Keira Knightley est convaincante dans le rôle principal, mais avec un personnage qui n’est de loin pas le plus intéressant. Miss Grenade (Gugu Mbatha-Raw), beaucoup moins naïve et potiche qu’il n’y paraît, et Jo, l’activiste du MLF (jouée par l’excellente Jessie Buckley vue dans la série Chernobyl), sont touchantes et bien écrites. Pour les hommes, Greg Kinnear est très ressemblant en Bob Hope, le célèbre acteur et comique américain qui fut le présentateur chahuté de la soirée, et qui ne sort pas grandi de ce film; quant à Morley, le crétin coincé et risible organisateur du concours, il est interprété par le toujours génial Rhys Ifans, qui prouve l’étendue de sa palette (il jouait l’animateur de radio destroy dans Good Morning England).

Grâce à la qualité de son interprétation, à sa belle conclusion, à certains traits d’humour bien trouvés et à son aspect joyeux, Miss Révolution nous propose, malgré les faiblesses scénaristiques citées plus haut, un moment bien sympathique, à défaut d’être inoubliable.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 13
Camille Mottier 17