Tous nos jours parfaits

Affiche Tous nos jours parfaits
Réalisé par Brett Haley
Titre original All the Bright Places
Pays de production U.S.A.
Année 2020
Durée
Musique Keegan DeWitt
Genre Romance, Drame
Distributeur Netflix
Acteurs Luke Wilson, Elle Fanning, Justice Smith, Keegan-Michael Key, Alexandra Shipp, Virginia Gardner
Age légal 16 ans
N° cinéfeuilles 833
Bande annonce

Critique

Des adolescents aux tendances suicidaires et aux pulsions (auto)destructrices + une image pleine de poésie + une adaptation d’un roman young adult à succès = la clé de la réussite? Pas forcément, si on oublie que la force émotionnelle d’une histoire ne se base pas que sur des prémisses au potentiel dramatique développé.

Finch et Violet se rencontrent dans des circonstances particulières: alors que le premier fait son jogging, il aperçoit la jeune fille perchée sur la rambarde d’un pont, prête à sauter. Ce que l’adolescent ignore c’est que ce lieu fut, neuf mois plus tôt, la scène de l’accident de voiture qui tua la sœur de Violet, dont elle n’arrive pas à se remettre. Bien que Finch soit lui-même la proie d’épisodes dépressifs et violents, il décide d’aider Violet à surpasser son chagrin en l’entraînant dans des explorations à travers l’Indiana pour leur cours de géographie. Lors de cette aventure, les deux adolescents vont développer de nouveaux sentiments l’un pour l’autre…

Netflix nous livre une autre adaptation de roman pour jeunes adultes, à mi-chemin entre Nos étoiles contraires et 13 Reasons Why. Malheureusement, contrairement à ces deux réalisations et malgré la thématique abordée, Tous nos jours parfaits manque de puissance émotionnelle, ce qui l’empêche d’être aussi percutant qu’il aurait pu l’être. Ce que le film réussit dans sa forme, il le rate partiellement dans son fond. En effet, le réalisateur Brett Haley nous offre de magnifiques images de paysages, de lieux insolites propices à la fantaisie et des séquences proches de la rêverie, servies par la captation des débuts d’une relation amoureuse sur une musique douce agrémentée d’une pointe de mélancolie. Toutefois, on peine à s’attacher pleinement aux personnages tant leur caractère «hipster» (Monsieur écoute du jazz sur vinyle tout en communiquant au moyen de citations de Virginia Woolf tandis que la garde-robe et la décoration de la chambre de Madame sont un mélange d’archétypes rétro et tendance) semble forcé, leur faisant ainsi perdre en spontanéité et fraîcheur. Certes, il est toujours plus intéressant d’avoir affaire à des personnages faisant preuve d’originalité mais le long métrage veut trop en faire sur ce sujet, comme s’il avait peur que le spectateur ne comprenne pas que Violet et Finch sont des êtres à part. On en oublie alors l’essentiel: leurs problèmes d’ordre psychologique.

Il est louable de vouloir aborder le sujet des maladies mentales, d’autant plus dans des œuvres destinées principalement aux adolescents et jeunes adultes, qui peuvent en souffrir sans savoir comment les aborder. Mais son traitement n’est pas optimal dans ce film, même si certaines idées, comme celle que les troubles psychologiques peuvent atteindre n’importe qui, même ceux qui le montrent le moins, sont ingénieuses. Plusieurs éléments de la construction de la psyché des personnages restent flous et ne deviennent totalement clairs qu’à la lecture d’un résumé du livre dont l’histoire est tirée. Bien que ces questions soient complexes à traiter et qu’il puisse se révéler agréable de n’avoir pas toutes les réponses au final, ce n’est pas forcément approprié de se retrouver face à ce genre de lacune dans ce type de réalisation, pour la même raison que celle citée précédemment: le public cible est jeune et sensible. Tous nos jours parfaits n’est pas un mauvais film, mais la recette ne prend pas à 100% et on regrette que l’investissement émotionnel dans l’aspect dramatique de la maladie mentale et dans la relation amoureuse des deux protagonistes ne soit pas aussi abouti que le soin apporté à la dimension visuelle.

Amandine Gachnang

Appréciations

Nom Notes
Amandine Gachnang 13