The Gentlemen

Affiche The Gentlemen
Réalisé par Guy Ritchie
Titre original The Gentlemen
Pays de production U.S.A.
Année 2020
Durée
Musique Christopher Benstead
Genre Policier, Action
Distributeur Ascot Elite
Acteurs Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam, Michelle Dockery, Jeremy Strong, Henry Golding
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 827
Bande annonce

Critique

Guy Ritchie nous emmène faire une virée explosive dans le milieu de la drogue et signe un film porté par ses personnages et par le jeu des fantastiques acteurs qui les incarnent. Non dénuée de charme, d’humour, mais aussi d’un certain racisme, l’histoire emporte sans pour autant révolutionner le genre.
Mickey Pearson (Matthew McConaughey) est un baron de la marijuana américain établi en Angleterre et dont l’empire vaut des millions. Malgré son succès, il ne se sent plus l’âme d’un gangster et souhaite vendre sa petite affaire. Lorsque la nouvelle se répand dans le milieu, Mickey et son fidèle bras droit Ray (Charlie Hunnam) vont devoir faire face à des trahisons, complots et maîtres-chanteurs et tenter de ne pas y laisser trop de plumes.

Dès le générique de début, on comprend que le Guy Ritchie façon Sherlock Holmes est de retour, avec sa présentation des personnages à venir de manière stylisée et dynamique, attisant déjà notre curiosité. Ces derniers sont d’ailleurs le point fort du film: il n’y a pas à proprement parler de héros, tous font montre d’un comportement moralement répréhensible et pourtant on ne peut s’empêcher de les apprécier, grâce surtout au jeu d’acteurs. On découvre notamment Hugh Grant dans un rôle inattendu de reporter excentrique et cupide mais qu’il endosse avec délectation. L’introduction du personnage incarné par Colin Farrell est quant à elle jouissive et Charlie Hunnam réussit à rendre son personnage à la fois très attachant et mystérieux, avec une pointe de folie. Même si on n’échappe pas à certains clichés du film de gangsters, il est sympathique de s’attacher à ceux qu’on aurait en temps normal présentés comme les méchants.

À cet égard, un bémol, qui passe d’abord presque inaperçu dans le ton du film mais qui après réflexion est un peu gênant: le racisme envers les personnages asiatiques et la différence marquée entre le milieu de la haute société (que fréquente Mickey) et celui de la banlieue. En effet, de nombreuses blagues sont faites sur l’ethnie des malfrats chinois, qui sont de plus montrés comme les antagonistes principaux de Mickey et des dealers plus immoraux encore que ce dernier, ceux-ci vendant de la drogue plus dure que de la marijuana. Le passage que font les protagonistes en banlieue est, bien que fun et survolté, stéréotypé et peu original, insistant également sur la déchéance des enfants riches, tristes et junkies qui n’ont pas eu d’autres choix que de s’y exiler.

La réalisation est infusée d’humour noir, et parfois à caractère métatextuel, car elle se moque de l’industrie du cinéma, que cela soit des puristes qui ne jurent que par la pellicule 35 mm (aujourd’hui délaissée en faveur du numérique) ou des studios qui pensent uniquement en termes de succès marketing et de potentielles suites. La violence est au rendez-vous, sans être trop graphique, de même que l’action, mais les moments les plus efficaces sont ceux qui, sans être agités, présentent une tension sous-jacente qui ne peut qu’exploser. L’histoire n’est en soi pas révolutionnaire et on voit plus ou moins venir certains twists (alors que d’autres sont expédiés sans être bien développés) mais les personnages et leur interprétation, le très bon choix de musiques, le langage fleuri utilisé et la dimension décalée du film chère à son réalisateur font qu’on se sent souvent exalté et qu’on ne s’ennuie pas. Il faut juste se laisser emporter dans cette Angleterre rurale où les aristocrates s’allient aux dealers de drogue et où tout le monde ou presque semble porter du tweed, des carreaux ou des gilets en laine.

Amandine Gachnang

Appréciations

Nom Notes
Amandine Gachnang 14