La Communion

Affiche La Communion
Réalisé par Jan Komasa
Titre original Corpus Christi
Pays de production Pologne
Année 2019
Durée
Musique Evgueni Galperine, Sacha Galperine
Genre Drame
Distributeur Xenix
Acteurs Lukasz Simlat, Tomasz Zietek, Aleksandra Konieczna, Eliza Rycembel, Barbara Kurzaj, Bartosz Bielenia
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 827
Bande annonce

Critique

Nominé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film international, La Communion développe un propos original sur l’Eglise catholique et la jeunesse polonaise, à travers la figure d’un jeune homme qui se fait passer pour un ecclésiastique dans une petite ville de campagne.

Daniel (Bartosz Bielenia), la vingtaine, est enfermé dans un centre géré par l’Eglise catholique pour avoir tué par accident un homme au cours d’une rixe. Lorsqu’il obtient une liberté semi-conditionnelle, le jeune homme est contraint d’aller travailler dans une scierie à l’autre bout de la Pologne. Arrivé dans le village où se trouve l’entreprise, un concours de circonstances l’amène à se faire passer pour un prêtre tout juste sorti du séminaire. Or, le curé du village doit s’absenter pendant quelques semaines pour suivre un traitement contre l’alcoolisme: c’est ainsi que le jeune délinquant se retrouve presque malgré lui curé par intérim.

En s’appuyant sur son expérience de la messe au centre dans lequel il était détenu, sur des recherches sur internet et sur la confiance des villageois, Daniel parvient tant bien que mal à accomplir ses tâches, des sermons aux confessions, passant simplement pour un ecclésiastique aux méthodes peu conventionnelles. Petit à petit, il trouve une place dans la vie de cette bourgade profondément choquée par la mort récente de six jeunes dans un accident de voiture, et tente d’aider les habitants à surmonter ce traumatisme. Toutefois, la présence de certains de ses anciens camarades dans la scierie locale menace rapidement la couverture de Daniel...

Si le ton du film est plutôt dramatique, dressant le portrait d’une jeunesse désabusée se perdant dans des excès divers et d’un pays encore marqué par des traditions conservatrices, il regorge également de fulgurances comiques, principalement liées à la maladresse du jeune imposteur, par exemple lorsqu’il asperge l’assemblée d’eau bénite ou qu’il donne comme pénitence à une femme d’aller faire du vélo avec son fils à l’issue d’une confession. D’abord balloté de hasard en quiproquo, spectateur de sa propre existence, Daniel devient peu à peu sympathique, au fil de ses tentatives sincères d’utiliser son statut usurpé pour améliorer la vie des villageois. Le garçon demeure toutefois très ambivalent et impénétrable, en grande partie grâce au physique et au jeu sans faute de Bartosz Bielenia. Outre ses qualités esthétiques certaines - l’ambiance du hameau est parfaitement construite par des plans fixes très travaillés qui magnifient la grisaille du paysage -, le film développe un questionnement passionnant sur la rigidité de l’Eglise catholique et de ses rites immuables, que la naïveté presque enfantine de Daniel parvient à ramener à hauteur humaine. Ainsi, à travers la valorisation de ce prêtre improvisé, le film prône un rapport sensible plutôt que protocolaire à la foi et à autrui.

Noé Maggetti

Appréciations

Nom Notes
Noé Maggetti 17
Georges Blanc 10
Camille Mottier 16
Kevin Pereira 17