Les Traducteurs

Affiche Les Traducteurs
Réalisé par Regis Roinsard
Titre original Les Traducteurs
Pays de production France
Année 2018
Durée
Musique Jun Miyake
Genre Thriller
Distributeur Pathé Films
Acteurs Eduardo Noriega, Lambert Wilson, Riccardo Scamarcio, Sidse Babett Knudsen, Olga Kurylenko, Alex Lawther
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 827
Bande annonce

Critique

Dans Les Traducteurs, le cinéaste français Régis Roinsard réunit un casting international pour un thriller situé dans le monde impitoyable de l’édition. Le film n’est pas exempt de défauts, mais parvient à rester divertissant en maintenant son spectateur en haleine jusqu’au bout.

Neuf traducteurs sont réunis par un éditeur avide et glacial (Lambert Wilson) pour travailler sur le dernier roman d’une trilogie de best-sellers écrits par un auteur francophone dont personne ne connaît la véritable identité. Pour éviter toute fuite, ces individus issus de pays différents sont enfermés dans un luxueux bunker pendant plusieurs mois, le temps de terminer leur travail. Malgré ces précautions, l’éditeur reçoit un message d’un mystérieux hacker lui annonçant que les dix premières pages du livre ont été diffusées sur internet, et que les suivantes seront également dévoilées, à moins qu’il ne paie une somme de plusieurs millions. Commence une violente chasse au pirate menée par l’homme d’affaires impitoyable: le coupable est forcément l’un des traducteurs, qui sont les seuls à avoir eu accès au texte…

Les Traducteurs se situe quelque part entre Ocean’s Eleven - avec son affaire de vol impossible -, L’Auberge espagnole - il fait se rencontrer des personnages de nationalités et de cultures différentes -, Le Crime de l’Orient-Express - en tant que whodunit en huis clos -, et Misery - son intrigue tourne en partie autour d’un auteur de best-sellers. En résulte un polar plaisant, bien rythmé, faisant habilement s’alterner des scènes de tension dans le bunker et les flash-back ou flash-forwards explicatifs, portant sur l’avant et l’après du confinement des protagonistes. Saluons également l’initiative consistant à faire appel à un casting international prestigieux, réunissant notamment le jeune britannique Alex Lawther - tête d’affiche de la série The End Of The F***ing World -, l’ancienne James Bond girl franco-ukrainienne Olga Kurylenko, ou encore l’Italien Riccardo Scamarcio - vu récemment dans Silvio et les autres de Paolo Sorrentino.

Malgré les origines diverses des personnages, les dialogues sont majoritairement prononcés en français - la langue qu’ils partagent tous, en tant que traducteurs, ce qui conduit à une interprétation peu crédible par moments - probablement du fait que les comédiens ne sont pas tous habitués à jouer dans cette langue. À ce premier bémol s’ajoutent quelques retournements de situation tirés par les cheveux - on apprendra notamment qu’un livre peut arrêter une balle de revolver -, des personnages caricaturaux - l’absence totale de scrupules de l’éditeur interprété par Wilson paraît surfaite -, et une musique extradiégétique parfois trop insistante. Les Traducteurs n’en demeure pas moins un film ambitieux et plaisant dans l’ensemble, qui saura séduire les amateurs d’énigmes cinématographiques.

Noé Maggetti

Appréciations

Nom Notes
Noé Maggetti 13
Geneviève Praplan 9
Philippe Thonney 12