Le Voyage du Dr Dolittle

Affiche Le Voyage du Dr Dolittle
Réalisé par Stephen Gaghan
Titre original Dolittle
Pays de production U.S.A.
Année 2020
Durée
Musique Danny Elfman
Genre Comédie, Famille
Distributeur Universal Pictures International France
Acteurs Antonio Banderas, Robert Downey Jr., Jim Broadbent, Michael Sheen, Jessie Buckley, Harry Collett
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 827
Bande annonce

Critique

Un assaut implacable, une prise d’otage atroce d’environ 100 minutes constituée d’un ramassis de gags putrides et de sentimentalité entièrement préfabriquée: il n’y a pas à dire, ce Voyage du Dr Dolittle réussit un véritable tour de force : offrir l’expérience de l’éternité, de l’ennui infini, en étant paradoxalement resserré et extrêmement expéditif. Le film s’ouvre avec une séquence animée - la seule qu’il est possible de retenir de l’entièreté du long métrage - racontant sous forme de synthèse la rencontre entre le Dr Dolittle (Robert Downey Jr.) et sa femme (Kasia Smutniak), leur amour enivrant, et la mort terrible de celle-ci. Ce drame, trop difficile à supporter, entraîne le célèbre docteur à vivre comme un ermite excentrique, un reclus, destiné à prendre la poussière jusqu’à ce que la folie l’achève, par un élan de pitié. Heureusement, la reine Victoria tombe gravement malade, et comme pour entretenir sa dernière lueur d’espoir - son baroud d’honneur - elle ordonne au Dr Dolittle de se rendre au Buckingham Palace sous peine de raser sa propriété. Débute alors une aventure faussement épique à la recherche d’un fruit légendaire, seule remède capable de conjurer la mort éminente de la reine. De toute évidence, ce film s’adresse en priorité à un jeune public, mais en aucun cas cet argument n’excuse sa qualité exécrable. L’écriture y est affligeante: elle accule les incohérences malgré sa banalité déconcertante; elle masque son manque de drôlerie par une grossièreté minable; elle privilégie la surenchère de scènes décousues plus invraisemblables les unes que les autres à l’exploration du deuil, de la déchirure, ou du manque. Pour finir, si l’on attend de la critique de cinéma qu’elle nous conseille, qu’elle nous propose des recommandations, je crois qu’elle se doit également de nous avertir: alors voilà, chers parents, n’emmenez pas vos enfants découvrir ce désordre scatologique, et orientez-vous plutôt vers la poésie des Enfants du temps, dernier film de Makoto Shinkai.

Kevin Pereira

Appréciations

Nom Notes
Kevin Pereira 2