Gloria Mundi

Affiche Gloria Mundi
Réalisé par Robert Guédiguian
Titre original Gloria Mundi
Pays de production France
Année 2019
Durée
Musique Michel Petrossian
Genre Drame
Distributeur Agora
Acteurs Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Robinson Stévenin, Gérard Meylan, Lola Naymark, Anaïs Demoustier
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 824
Bande annonce

Critique

Au sortir d’un long séjour en prison, Daniel (Gérard Meylan) n’a guère de lieu où aller. Il atterrit donc chez Sylvie (Ariane Ascaride), son ex d’il y a vingt ans, qui l’a prévenu qu’il était grand-père: leur fille Mathilda a donné naissance à une petite Gloria.

Le temps a passé et ne peut être effacé. Tout en faisant connaissance de sa petite-fille, Daniel replonge dans une société où il ne trouve guère sa place et qui par ailleurs contraint comme hier des individus et des couples à tenter de survivre économiquement. Tout au long de ce film, on sent l’amour que le réalisateur a pour ces gens modestes qui veulent s’en sortir et tout particulièrement pour celles et ceux qui s’y emploient en restant dignes et honnêtes. Gloria Mundi offre à cet égard un écho aux «gilets jaunes» et à leurs tentatives de faire comprendre leur situation, et met le doigt sur les impossibles fins de mois tout en soulignant la colère qui monte et le désespoir qui risque de s’installer. Les parents de Gloria font donc tout pour tenir debout et ne pas sombrer, mais évidemment, le moindre accro remet tout en question. A l’opposé de ce couple en difficultés, notamment financières, celui de la demi-sœur de Mathilda, qui magouille tant et plus, ce qui semble lui réussir. Et au milieu Sylvie et son mari, braves et aimants qui se montrent prêts à bien des sacrifices, tant ils voudraient aider. Mais tout part en vrille…

Guédiguian touche moins par son scénario que par l’humanité et la tendresse de ses personnages et en particulier ceux de Daniel et du mari de Sylvie (Jean-Pierre Darroussin). L’un et l’autre sont des taiseux, mais leur retenue voire leurs silences et leurs gestes sont parlants. Au final, une atmosphère très humaine se dégage de cette réalisation engagée. Cette vive dénonciation de l’ultralibéralisme rappelle, si besoin était, que bien trop de familles ne s’en sortent plus et que bien des drames seraient évitables si leurs besoins vitaux étaient véritablement pris en compte. Ainsi, à sa manière, Guédiguian s’inscrit dans la ligne des derniers films de Ken Loach (Moi, Daniel Blake et Sorry We Missed You), mais hélas pas avec la même finesse.

Serge Molla