Last Christmas

Affiche Last Christmas
Réalisé par Paul Feig
Titre original Last Christmas
Pays de production Grande-Bretagne, U.S.A.
Année 2019
Durée
Musique Theodore Shapiro
Genre Comédie, Romance
Distributeur Universal
Acteurs Michelle Yeoh, Emma Thompson, Max Baldry, Emilia Clarke, Henry Golding, Lydia Leonard
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 824
Bande annonce

Critique

Vous en doutiez? Vous aviez tort. Il ne fallait rien de moins que la plume piquante d’Emma Thompson et la frimousse d’Emilia Clarke pour élever le niveau du traditionnel film de Noël et proposer une touchante réflexion sur ce que signifie «être adulte».

Les productions pensées pour les fêtes de fin d’année brillent par leur kitsch, leurs bons sentiments et guirlandes lumineuses. Last Christmas n’y renonce pas mais embrasse ce cadre légèrement écœurant avec humour pour lui opposer la vie peu glorieuse de Kate (Emilia Clarke). En froid avec sa famille, enchaînant sans succès les auditions de chant, elle erre d’un appartement à l’autre et gagne sa vie comme vendeuse-elfe dans le magasin de Santa (Michelle Yeoh). Au milieu de ce gâchis, surgit Tom (Henry Golding), un jeune coursier à vélo qui va l’aider à relever la tête.

A ce stade, on s’apprête à soupirer en roulant des yeux. Surtout lorsqu’on apprend que la chanson de George Michael, « Last Christmas », a servi d’inspiration pour le film. Mais l’histoire, tout en guidant son spectateur au travers des passages obligés de ce type de production (balades enchantées, retrouvailles familiales, célébrations générales), se permet des détours inattendus. Saluons l’inventivité d’Emma Thompson et de Greg Wise, son mari, qui ont su transcender une base liminaire plutôt restreinte en égratignant allègrement les clichés des dialogues romantiques, le trop-plein de Noël, mais aussi la politique anglaise. Le jeu expressif d’Emilia Clarke, sa gestuelle maladroite sont les porte-parole idéaux de cet esprit piquant, frôlant parfois la caricature. Quant au mystérieux Tom, si son personnage ne manque pas de pathos, il permet aussi un pied de nez à l’habituelle romance.

Mais là où le film se refuse à la moquerie, c’est dans son propos social. Il y a d’abord le centre d’accueil aux SDF, dans lequel Kate va s’engager presque malgré elle, qui donne forme au message d’entraide et d’amour lui aussi indissociable des films de Noël. Plus intéressant est le traitement réservé à la famille de l’héroïne, originaire de Yougoslavie. Elle permet d’aborder non seulement la question des effets du Brexit sur les immigrés installés en Angleterre mais également l’inversion inévitable des responsabilités, lorsque les enfants deviennent grands. Réaliser que ses parents ne peuvent plus offrir un appui inconditionnel mais qu’il s’agit de compter d’abord sur soi-même, voilà un cadeau de Noël plutôt novateur!

Cela fait peut-être beaucoup mais n’est-ce finalement pas là la bonne idée de nos deux scénaristes : accepter la contrainte de l’exagération, l'agrémenter d’éclairs d’intelligence et d’une (auto-)dérision bienvenue? Il suffit de voir Emma Thompson jouer la mère slave dépressive avec un accent à couper au couteau pour s’en persuader. Et y prendre bien du plaisir.

Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 15