Les Éblouis

Affiche Les Éblouis
Réalisé par Sarah Suco
Titre original Les Éblouis
Pays de production France
Année 2019
Durée
Musique Laurent Perez Del Mar
Genre Drame
Distributeur Agora
Acteurs Jean-Pierre Darroussin, Eric Caravaca, Camille Cottin, Céleste Brunnquell, Laurence Roy, Daniel Martin (II)
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 823
Bande annonce

Critique

Camille (Céleste Brunnquell) est une jeune fille passionnée par l’art du cirque, dans lequel elle excelle. Un jour, ses parents (Camille Cottin et Eric Caravaca), en quête de sens à donner à leur vie et de bonnes actions à réaliser (et de travail, en ce qui concerne la mère), décident de rejoindre une communauté vivant dans le respect des valeurs chrétiennes.

Plus le temps passe, plus l’engagement du couple devient profond et le mode de vie de Camille et de ses frères et sœurs est chamboulé. En ce qui concerne la jeune fille, c’est souvent pour le pire, car elle doit par exemple abandonner le cirque. La communauté ressemblant de plus en plus à une secte, Camille va se battre pour empêcher la fratrie de tomber dans l’embrigadement complet.

Les premières scènes du film montrant Camille faire un numéro de cirque et s’entretenir ensuite avec ses parents, donnent le ton pour celles qui suivront: un visuel travaillé, parfois lyrique, et une dynamique familiale délicate, entre une mère borderline et un père un peu perdu. Mais elles ne laissent pas encore présager de la puissance émotionnelle du long métrage: une tristesse diffuse, un sentiment de malaise le parcourt, et certains moments semblent même tout droit sortis d’un film d’épouvante. Cela ne l’empêche toutefois pas d’être très beau, notamment grâce à la relation émouvante entre les frères et sœurs.

De plus, le personnage de Camille, porté par la superbe interprétation de Céleste Brunnquell, est très attachant, car si la jeune fille s’oppose au comportement sectaire de ses parents, elle leur est dans le même temps loyale, les défend, essaie de contenter tout le monde. La secte est quant à elle dépeinte de manière détestable, du moins en ce qui concerne les grands pontes, les autres membres, tout comme les parents de Camille, étant surtout des êtres fragiles et facilement manipulables. En tant que groupe, elle participe à la construction du malaise, car elle est montrée comme envahissant l’univers enfantin et le «pervertissant» (le loup dans la comptine «Promenons-nous dans les bois» et l’histoire des trois petits cochons devient le diable, que les enfants et cochons combattent grâce à Jésus), alors que les membres eux-mêmes présentent des comportements enfantins et plutôt ridicules (ils émettent des cris de mouton pour appeler le Berger, le chef de la secte). En résumé, le titre du film est très bien choisi: il fait référence au terme d’«illuminés» souvent utilisé pour désigner les croyants très investis, mais convoque également l’idée que ces gens sont tellement persuadés de leur croyance et coutumes qu’ils en deviennent éblouis, au point de littéralement fermer les yeux sur leurs mauvais côtés.

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Amandine Gachnang 16
Georges Blanc 11