Je vois rouge

Réalisé par Bojina Panayotova
Titre original Je vois rouge
Pays de production France, Bulgarie
Année 2017
Durée
Genre Documentaire
Distributeur Zinéma
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 817
Bande annonce (Allociné)

Critique

Lourd secret de famille: Bojina Panayotova, la réalisatrice, soupçonne ses parents d’avoir fait partie des services secrets du régime communiste entre 1947 et 1989. Elle décide alors de filmer son processus de questionnements à la fois éthiques, politiques et émotionnels, et d’élucider ce mystère, quel qu’en soit le prix.

Il faut tout d’abord reconnaître à ce long métrage documentaire ses propositions esthétiques très originales; mélangeant les formats au travers d’images d’archives photographiques et vidéos mais aussi de conversation via Skype, Bojina rend compte de son fil de pensée parfois chaotique tout en visant précisément à la vérité, rien que la vérité. Elle utilise également la technique du split screen, permettant de superposer les discours de deux ou plusieurs personnes en même temps, dans une ambiance de paranoïa postcommunisme. Le montage réunit cela dans une structure tout à fait originale, témoignant de l’état intérieur de la réalisatrice.

Mais Bojina fait partie de la nouvelle génération, dont les souvenirs communistes remontent à quelques épisodes de l’enfance. Cela étant, elle vient remettre en question toute la vie et les choix de ses parents, en imposant sa caméra dans la majorité de leurs conversations. Ces derniers n’en peuvent plus, ne comprennent plus leur fille, et Bojina semble parfois perdre pied avec la réalité dans cette quête d’une vérité ultime qui l’habite tant. Avec violence parfois, elle affronte sa mère et son père, et la question du prix de cette vérité fait surface à plusieurs moments forts. J’ai de manière générale de la peine avec les documentaires qui retracent le parcours mental, parfois cathartique, d’un réalisateur ou d’une réalisatrice, à la manière d’une séance chez le psy, qui implique pourtant la présence tierce d’un spectateur, devenu voyeur malgré lui. Les propositions au niveau de la forme et du sujet m’ont happée dans ce voyage vers l’ébranlement des valeurs parentales, mais cette relation thérapeutique entre le cinéaste et son film reste pour moi problématique et m’empêche d’apprécier fondamentalement l’œuvre finale.

Camille Mottier

Appréciations

Nom Notes
Camille Mottier 10