Alice et le maire

Affiche Alice et le maire
Réalisé par Nicolas Pariser
Titre original Alice et le maire
Pays de production France
Année 2018
Durée
Musique Benjamin Esdraffo
Genre Comédie dramatique
Distributeur Agora
Acteurs Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Léonie Simaga, Antoine Reinartz, Nora Hamzawi, Maud Wyler
Age légal 8 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 820
Bande annonce

Critique

Paul Théraneau (Fabrice Luchini), le maire qui n’a plus d’idées pour la ville de Lyon, va se faire accompagner par une jeune érudite, Alice Heimann (Anaïs Demoustier), afin de retrouver un sens à son mandat. Une sorte de comédie intellectuelle à laquelle manquent nœuds narratifs et coups de théâtre.

Il est partout, il est merveilleux, mais parfois, le film peine à lui rendre tout son éclat; Fabrice Luchini, dont la carrière ne semble jamais s’arrêter - et c’est tant mieux - est au centre du second long métrage du Français Nicolas Pariser. Après Le Grand Jeu (2015), ce dernier nous présente une nouvelle forme de jeu entre Paul et Alice, laquelle va recourir à des stratagèmes de lettreuse pour lui permettre de réaffirmer sa place à la tête de la ville de Lyon et, pourquoi pas, se hisser jusqu’aux élections présidentielles. Au-delà de mon désir ardent de voir un jour un Luchini président de la République, cet objectif est un des seuls buts concrets dans l’arc narratif de ce personnage. Il joue étonnamment très bien le politique blasé, à bout de souffle et de législation, et il est tout à fait crédible en maire dépressif. Mais, malgré la qualité de son jeu d’acteur, peu d'obstacles se déployant sur sa route, le film tourne parfois un peu en rond.

Alice fait pourtant de son mieux pour stimuler l’intellect du quinquagénaire, à coup de billets politiques et de réflexions alambiquées, dignes d’une étudiante de Lettres fraîchement diplômée. Mais l’écriture du personnage convainc moins; même, elle est parfois incohérente. Alors qu’Alice déclare avoir tout pour être heureuse, elle pique tout à coup une sorte de crise existentielle et hésite à démissionner en déclamant son désespoir. Le lendemain, tout va mieux, et comme si de rien n’était, elle continue sa mission électorale. La relation avec Paul devient de plus en plus profonde, intellectuellement parlant. En effet, par chance, une romance ne naît pas - en tout cas pas vraiment - entre elle et son maire, ce qui rappelle, ô surprise, que deux personnages hétérosexuels ne doivent pas nécessairement finir par coucher ensemble à un moment du film. Bon point pour Pariser, un traitement moins plat d’un scénario pourtant original aurait pu faire de ce film un très bon deuxième essai pour le jeune réalisateur français. À l’arrivée du générique, mes yeux pétillent: l’espoir reste de voir un jour Luchini - je ne m’en lasserai jamais - se lancer dans la course à la présidence et déclamer avec panache ses projets pour la France de demain. Alea jacta est.


Camille Mottier

Appréciations

Nom Notes
Camille Mottier 10
Georges Blanc 13