L’Invité

Affiche L’Invité
Titre original L'Hospite
Année 2018
Durée
Distributeur First Hand Films
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 815

Critique

L’amour se révèle dans les détails du quotidien: la couleur délavée du canapé, les sous-vêtements ridicules de son alter ego, les CDs et livres que l’on aime se partager, mais aussi dans les projets communs, les relations à la belle-famille, et les aléas du travail, de l’âge, de la santé. C’est cet amour sous ces multiples facettes que ce film du réalisateur italien Duccio Chiarini se propose de dépeindre aussi bien que les obstacles, les épreuves, les émotions qui font vivre chacun d’entre nous.

En plan rapproché, le film s’ouvre sur Chiara (Silvia D’Amico), poitrine dénudée et jambes écartées, tandis que son compagnon Guido (Daniele Parisi) est à la recherche du préservatif défectueux et coupable. S’ensuit la discussion sur la pilule à aller acheter, discussion qui dérape en crise: Chiara a de gros doutes sur leur relation tandis que Guido pense soudainement vouloir des enfants. Celui-ci retourne alors chez ses parents, squatte ici ou là, dans l’attente de la décision de Chiara sur leur couple. Guido découvre alors l’envers du décor quant au quotidien de ses proches: ses parents ne dorment plus ensemble depuis longtemps, les disputes fusent entre sa collègue de travail et son mari pour aller chercher les enfants à l’école, tandis qu’un de ses amis enchaîne les petites copines au même rythme qu’augmente sa peur de s’engager. Célibataire à nouveau, Guido est rattrapé violemment par la réalité lorsqu’il se retrouve à devoir chercher un nouvel appartement et à répartir équitablement avec Chiara les objets chargés des souvenirs de leur relation. Mais toutes ces étapes sont montrées sans pathos ni tragédie, et avec une délicatesse et une simplicité rares. Les dialogues sont très bien écrits et se distinguent de ceux des scènes de rupture habituelles. Le film s’en éloigne aussi grâce à l’usage réduit de la musique, et à l’absence de mélodies larmoyantes au violon. Lui sont préférés de doux arpèges à la guitare, qui n’accompagnent ponctuellement que certaines scènes.

En légèreté mais avec sincérité, ce long métrage invite au rire et aux larmes, mais aussi à se questionner sur le rapport du personnage principal à sa masculinité et à ses relations avec les femmes. Guido se sent mal, partagé entre son envie d’être père, de poursuivre sa carrière académique ou de déménager au Canada avec Chiara; il devient paranoïaque et jaloux, n’arrive pas à pleurer, tente de rencontrer d’autres femmes. Démuni face à la fin de sa relation amoureuse, il l’est aussi face à lui-même, à sa propre identité en comparaison à celles de mari, père ou amant. Sans jamais en faire trop, ce film rempli de sensibilité et de questionnements se présente comme une invitation à l’amour, sous quelque forme qu’il soit.


Camille Mottier

Appréciations

Nom Notes
Camille Mottier 18
Sabrina Schwob 16