Le Jeune Ahmed

Affiche Le Jeune Ahmed
Réalisé par Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne
Titre original Le Jeune Ahmed
Pays de production Belgique, France
Année 2019
Durée
Genre Drame
Distributeur Xenix
Acteurs Claire Bodson, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou, Idir Ben Addi, Victoria Bluck, Othmane Moumen
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 812
Bande annonce

Critique

Ahmed (Idir Ben Addi) est un jeune garçon musulman se dévouant à sa religion et à son imam (Othmane Moumen), qui entretient des idées extrémistes. L’adolescent voue également un culte à son cousin, décédé en faisant la guerre.

Lorsque la professeure de l’école, Inès (Myriem Akheddiou), propose un cours pour apprendre l’arabe en chansons, Ahmed, poussé par les propos haineux de son imam, tente d’assassiner cette femme pourtant pleine de bonnes intentions. Son plan échoue et l’adolescent est envoyé dans un centre afin d’y suivre, entre autres, un programme dans une exploitation agricole.

Extrémisme religieux, radicalisation, manipulation par des figures d’autorité, tentative de rédemption par le contact avec le monde naturel et paysan… Voici des sujets qui ne sont pas inconnus (surtout ces temps-ci) au cinéma ou dans d’autres médias et que l’on retrouve dans cette nouvelle réalisation des frères Dardenne, accompagnés de quelques autres thèmes comme le premier émoi amoureux ou les relations familiales. Les cinéastes affirment toutefois qu’il ne s’agit pas là d’un film sur la radicalisation. On veut bien les croire, mais la trame narrative semble pourtant surfer allègrement sur la vague de l’actualité, ce qui peut agacer. Mais alors, s’interroge-t-on, sur quoi porte réellement le film? Voici un élément de réponse: il parle du doute, du tiraillement entre vouloir faire plaisir aux autres et suivre son envie profonde. Mais cette dernière est-elle réellement nôtre, n’est-elle pas également inconsciemment dictée par son entourage? Ahmed est entouré de personnes qui savent ce qu’elles veulent, croient en leurs idées ou en ce qu’elles font, et vont jusqu’au bout. L’adolescent, lui, est perdu, navigue entre plusieurs eaux.

Le film appuie également sur la notion de responsabilité et de respect, sur le fait de comprendre les conséquences de ses actes, le rapport à la vie et à la mort (ainsi que le remarque un des personnages, cette dernière n’est pas comme une piqûre de moustique contrairement à ce qu’a pu prétendre le cousin d’Ahmed), et de le faire par soi-même. Les membres de l’entourage d’Ahmed veulent l’influencer dans un sens ou dans un autre, tandis que lui se base sur les sentiments et le vécu des autres pour se faire son opinion (son cousin et l’imam d’un côté, l’amour de Louise et la sollicitude des éducateurs et de sa mère de l’autre, par exemple). Cependant, c’est uniquement lorsqu’Ahmed est lui-même confronté à la mort qu’il prend réellement conscience de ce qu’il était sur le point d’accomplir. Ce ne sont donc pas les prêches qui peuvent nous faire changer profondément et intégrer la vérité, seule l’expérience personnelle compte au final. Saluons au passage la présence de deux personnages féminins magnifiques, la prof Inès et Louise, qui brillent par leur force, leur sensibilité et leur conviction, alors qu’Ahmed est un protagoniste auquel on a de la peine à s’attacher. On reprochera donc au film un certain manque d’originalité et d’investissement émotionnel, mais on se réjouira de sa brièveté qui évite tout ennui.


Amandine Gachnang

Appréciations

Nom Notes
Amandine Gachnang 12
Serge Molla 17
Georges Blanc 12
Camille Mottier 17
Kevin Pereira 2