La Chute de l’Empire américain

Affiche La Chute de l’Empire américain
Réalisé par Denys Arcand
Titre original La Chute de l’Empire américain
Pays de production Québec
Année 2018
Durée
Musique Mathieu Lussier, Louis Dufort
Genre Policier, Comédie policière
Distributeur Filmcoopi
Acteurs Rémy Girard, Alexandre Landry, Maripier Morin, Louis Morisette, Maxim Roy, Pierre Curzi
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 809
Bande annonce

Critique

Du réalisateur québécois Denys Arcand, le public européen connaît surtout Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2003). Le premier film parlait de libération sexuelle, le deuxième évoquait notamment les failles du système de santé. Voici, pour le troisième volet de cette trilogie, une analyse sarcastique et réjouissante du blanchiment d’argent sale.

A son amie qui peine à joindre les deux bouts, Pierre-Paul Daoust (Alexandre Landry) fait une démonstration brillante, cherchant à la convaincre que pour réussir, l’intelligence est un handicap. Lui, docteur en philosophie, n’a rien trouvé de mieux dans le marché de l’emploi qu’un poste de chauffeur-livreur. En revanche, il comprend les souffrances engendrées par la misère et se montre généreux envers les nécessiteux de la ville. Et puis, un jour, il assiste inopportunément à un cambriolage, deux sacs de billets de banque tombent à ses pieds. La tentation est grande de faire comme tout le monde et de se laisser corrompre par l’argent.

L’humour de Denys Arcand est intact. La perspicacité avec laquelle il observe la société contemporaine aussi. Les aventures de Pierre-Paul, confronté à une masse d’argent dont il n’a jamais rêvé, amènent un vrai plaisir à l’écran. Il y a, certes, une part d’invraisemblance, le triomphe (très modeste!) des personnages sympathiques est attendu; mais il y a la manière de mener l’histoire, les trouvailles du scénario, ce sens très fin de l’absurde et cette humanité qui donne à la comédie un ton aussi drôle que généreux.

Les personnages, par exemple, sont poussés à l’extrême. Comme ce truand (Rémy Girard) qui a profité de la prison pour suivre des cours de droit sur l’évasion fiscale. Comme cette prostituée de luxe (Maripier Morin), intoxiquée par l’argent. Pourtant, ils ne manquent pas d’authenticité, car, tout vénaux qu’ils soient, ils gardent en eux une petite place pour la réflexion. Et aussi parce que, à le fréquenter davantage, Pierre-Paul les intrigue par sa candeur assumée.

Tous ces êtres aux destinées hétéroclites vont former une équipe sûre, prête à mettre au point une machination qui éclairera les milieux financiers dans toute leur splendeur. On n’y trouvera pas de recettes pour lutter contre le grand mal de notre époque, la corruption de l’humanité par l’argent. En revanche, et en dépit de quelques longueurs, Denys Arcand réussit fort bien à remettre en place les seules vraies raisons de vivre, celles qui rendront le monde plus heureux.

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 15
Georges Blanc 12
Sabrina Schwob 16