Boy Erased

Affiche Boy Erased
Réalisé par Joel Edgerton
Titre original Boy Erased
Pays de production U.S.A.
Année 2018
Durée
Musique Saunder Jurriaans, Danny Bensi
Genre Drame
Distributeur Universal
Acteurs Nicole Kidman, Russell Crowe, Joel Edgerton, Flea, Lucas Hedges, Joe Alwyn
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 809
Bande annonce

Critique

Garrard Conley est né en 1985 et a grandi dans l’Arkansas entre son père, homme de Dieu ultraconservateur, et sa mère, soumise à cette tradition. À 19 ans, il doit annoncer à ses parents qu’il n’est pas comme les autres et se sent attiré par les garçons. Effondré et furieux, son père menace de le renier à moins qu’il ne suive une thérapie de conversion destinée à le remettre, avec l’aide de Dieu, dans le «droit chemin».

Conley racontera plus tard, d’abord dans les journaux puis dans son livre Boy Erased: A Memoir, les scandaleuses tortures physiques et morales que lui et ses camarades subiront lors de cette thérapie.

Ce n’est d’ailleurs pas un garçon que l’on tente d’effacer, mais un être humain. Joel Edgerton réalise un film fort et pudique tiré de ce livre-témoignage, racontant une aberration malheureusement toujours d’actualité dans plusieurs états américains et d’autres parties du monde. Certains discours sont juste surréalistes, notamment lorsque l’homosexualité est assimilée par ces pseudo-thérapeutes à de la délinquance ou de l’addiction dont on doit se sevrer. Aucune scène n’est visuellement insupportable évidemment, le cinéaste a eu le souci de faire un film plus «tous publics» que ne l’est sans doute le livre. Il n’empêche qu’il est très réussi.

Sans avoir jamais eu de spectaculaire premier rôle, Joel Edgerton s’est forgé une solide réputation d’acteur, notamment dans Strictly Criminal, où sa présence forte et sobre éclipsait le cabotinage effréné de Johnny Depp. Dans son deuxième film en tant que réalisateur, il choisit de donner à ses superstars (Kidman, Crowe) des rôles secondaires, même si le personnage de la mère va prendre de plus en plus d’importance. Lucas Hedges est parfait, Edgerton se met également en scène et nous surprend avec d’inattendues apparitions comme Xavier Dolan ou le célèbre musicien Flea. Le principal reproche que l’on peut faire au cinéaste concerne sa mise en scène, brillante mais trop sage, léchée, sans prise de risque. En un mot, hollywoodienne. Mais cela n’est pas si grave. Il s’appuie en effet sur une histoire vraie, incroyablement forte, et sur des acteurs qu’il a su parfaitement choisir et diriger. Et aussi sur une magnifique dernière demi-heure.


Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 16
Serge Molla 15