The Wife

Affiche The Wife
Réalisé par Björn Runge
Titre original The Wife
Pays de production U.S.A.
Année 2017
Durée
Musique Jocelyn Pook
Genre Drame, Thriller
Distributeur Impuls
Acteurs Glenn Close, Christian Slater, Jonathan Pryce, Max Irons, Alix Wilton Regan, Harry Lloyd
Age légal 10 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 807
Bande annonce

Critique

Déjà récompensée par un Golden Globe en janvier, Glenn Close est la raison d’être de The Wife. Elle incarne totalement cette épouse «de», dans ce drame aux accents de thriller.

L’annonce du prix Nobel accordé à Joe Castleman (Jonathan Pryce) pour son œuvre littéraire est, paradoxalement, l’événement le plus calme qui attend l’écrivain et sa femme, Joan (Glenn Close). Après la surprise, l’émotion et les félicitations des proches, ils s’envolent, en compagnie de leur fils - auteur lui aussi mais étouffé par la célébrité de son père - pour la Suède, à la cérémonie de remise. Tout au long des étapes qui précèdent le grand soir, Joan est aux côtés de son mari, attentive à ses besoins, s’effaçant à l’heure des compliments afin de le laisser briller. Pourtant, dès les premiers instants du film se profile sur son visage une angoisse sourde qui va peu à peu remonter à la surface et faire éclater les masques de tout un chacun, y compris le sien.

La caméra ne quitte d’ailleurs presque jamais ce visage, doux et réconfortant mais dont on devine les profondeurs secrètes. Joan Castleman est-elle une épouse discrète, au monde intérieur assez riche pour ne pas s’attrister d’être toujours laissée dans l’ombre ou cherche-t-elle réellement à cacher quelque chose - par exemple le fait que son écrivain de mari produit des œuvres beaucoup plus brillantes depuis qu’il l’a rencontrée - comme le sous-entend un concurrent fouineur et plutôt séduisant (Christian Slater)?

Par une série de flash-back, le film nous fait découvrir les débuts de cette relation, alors que Joan n’était qu’étudiante et assistait avec fascination aux cours du professeur Castleman. Leur relation naissante, qui met en péril le premier mariage de Joe, vient rythmer le temps présent, où leur couple maintenant vieillissant se fissure peu à peu, annonçant un dénouement en coup de théâtre. Bien que mené avec brio, filmé dans des tonalités froides qui évoquent la délitation des relations et surtout porté par des acteurs en effet magistraux, The Wife nous perd malheureusement à trop vouloir jouer la carte du thriller.

En choisissant des causes dramatiques à l’extrême pour expliquer les troubles de son personnage principal, le film atténue la portée de son propos et transforme ses protagonistes en clichés littéraires. Jusque-là, Glenn Close donnait un visage bouleversant à ces femmes, tout à fait réelles, qui se retournent sur leur vie en se demandant ce qu’elles en ont fait, ces épouses qui regardent soudain leurs compagnons sans plus pouvoir reconnaître, ni elle-même ni l’autre. Mais en dehors de l’écran, il n’y a pas toujours génie créateur et passions tumultueuses pour remplir une vie, ou l’étouffer. Et il ne suffit pas forcément d’une simple page blanche pour effacer le passé et recommencer à écrire sa propre histoire.


Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 12