Wildlife - Une saison ardente

Affiche Wildlife - Une saison ardente
Réalisé par Paul Dano
Titre original Wildlife
Pays de production U.S.A.
Année 2018
Durée
Musique David Lang (III)
Genre Drame
Distributeur Praesens Film
Acteurs Jake Gyllenhaal, Carey Mulligan, Ed Oxenbould, Bill Camp, JR Hatchett, Cate Jones
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 803
Bande annonce

Critique

L’acteur étasunien Paul Dano réserve une jolie surprise à son public. Il montre, dans son premier film, qu’il sait aussi se servir d’une caméra.

Wildlife - Une saison ardente trouve son décor dans le Montana des années 60, superbement étalé des montagnes Rocheuses aux Grandes Plaines. Dans cet Etat, le cinéma fait généralement jouer les cow-boys. Paul Dano, qui le choisit pour y tourner son premier film, adopte un parti plus réaliste, celui d’une petite ville qui, malgré ses paysages splendides, semble transpirer l’ennui. Jerry, Jeanette et leur fils Joe viennent d’y emménager. Joe (Ed Oxenbould), garçon réservé de 14 ans, n’a pas le temps de s’y faire des amis que son père (Jake Gyllenhaal) est déjà licencié. Alors que celui-ci trompe ses velléités en s’associant aux hommes partis vers le nord pour tenter de circonscrire les feux de forêt, sa femme (Carey Mulligan), ébranlée, réalise qu’elle a peut-être une personnalité à révéler. Joe cherche à ne pas perdre pied dans le climat familial qui se délite.

Les bouleversements que subissent chacun des personnages sont suivis par une caméra sensible, attentive aux conflits intérieurs, étrangère au mélo. Toutefois l’adaptation du roman manque de clarté quant au point de vue privilégié. Celui de Jerry, hésitant, confus de voir son épouse trouver du travail avant lui? Celui de Jeanette, résistant au contexte de l’époque qui fige les femmes dans leur cuisine? Celui de Joe, constamment forcé de choisir entre son père et sa mère?

 Les trois personnages se débattent dans une atmosphère bien de leur époque, amplifiée par la mélancolie de la petite ville. Dans une mise en scène classique, une reconstitution soignée et un très beau sens de l’image, Dano peint la famille et son milieu avec beaucoup de compréhension. Et même s’il ne privilégie aucun de ses trois protagonistes, le poids qui pèse sur les épaules de l’adolescent, son impuissance, sa perplexité, sa déception et ses chagrins retenus sollicitent l’attention du public.

Le «rêve américain» et ses illusions prennent ici tout leur sens. Pour Jeanette qui ne sait par quel bout attraper l’argent et le succès. Pour Jerry qui espère devenir un héros sur le front des incendies. Or, tout est banal dans ces régions reculées (faudrait-il déménager encore?) comme ailleurs. Seule la confusion de l’esprit a pu laisser croire le contraire. L’excellent dernier plan du film ne semble pas annoncer une nouvelle chance.


Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 15
Georges Blanc 14