Dogman

Affiche Dogman
Réalisé par Matteo Garrone
Titre original Dogman
Pays de production Italie, France
Année 2018
Durée
Genre Policier, Drame
Distributeur Xenix
Acteurs Edoardo Pesce, Marcello Fonte, Nunzia Schiano, Adamo Dionisi, Francesco Acquaroli, Alida Baldari Calabria
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 797
Bande annonce

Critique

Dogman, le nouveau film de Matteo Garrone, réalisateur du célèbre Gomorra, se présente comme un western urbain, dans une banlieue italienne aux décors poussiéreux, qui rappelle les villes mythiques de la Conquête de l’Ouest.

Marcello (Marcello Fonte) est un homme divorcé qui porte beaucoup d’affection à sa fille et aux chiens qu’il bichonne, dans la vie privée comme pour son travail. Il y a aussi dans son entourage proche Simoncino (Edoardo Pesce), un colosse bête, agressif et dépendant à la coke, qui fait régner la terreur dans la banlieue. Face à lui, le protagoniste finira par devoir effectuer un choix crucial: appliquer la loi du talion ou vivre humilié par les injustices toujours plus scandaleuses que Simoncino lui fait subir.

La prestation de Marcello Fonte, très justement couronnée par le Prix d’interprétation masculine cette année à Cannes, porte véritablement le film. Petit, courbé, à la démarche maladroite, il ressemble à ce chihuahua qu’il prend le risque de sauver en retournant sur les lieux d’un cambriolage. Sa profonde humanité, qui semble corrélée à une solitude existentielle infinie et à des valeurs d’un temps dépassé, est parfaitement traduite à l’écran.

Matteo Garrone porte un regard pessimiste sur ces zones délaissées de l’Italie. Il montre que les valeurs qu’incarne Marcello ne peuvent subsister dans cet environnement. Comme dans un western, à la gentillesse sans borne du bon répond la sauvagerie de la brute. La police étant peu efficace, le seul moyen de rendre justice est de la faire soi-même.

 Si l’évolution des personnages est en ce sens trop prévisible, le duel attendu, la transposition de ces codes dans ce contexte urbain n’en demeure pas moins plaisante. Succède à la première partie très réussie, une seconde qui bascule dans une violence toujours plus crue et superflue. L’injustice que le spectateur éprouve devant l’impasse du personnage principal qui suscite beaucoup de sympathie aurait suffi à le tenir en haleine.


Sabrina Schwob

Appréciations

Nom Notes
Sabrina Schwob 15
Georges Blanc 14
Serge Molla 15