| Réalisé par | Sebastián Lelio |
| Titre original | Disobedience |
| Pays de production | U.S.A. |
| Année | 2017 |
| Durée | |
| Musique | Matthew Herbert |
| Genre | Drame, Romance |
| Distributeur | Pathé Films |
| Acteurs | Rachel Weisz, Alessandro Nivola, Rachel McAdams, Anton Lesser, Allan Corduner, Nicholas Woodeson |
| Age légal | 12 ans |
| Age suggéré | 16 ans |
| N° cinéfeuilles | 791 |
La tyrannie de l’intégrisme constitue la toile de fond de ce film adapté d’un roman de Naomi Alderman (traduction française aux Editions de l’Olivier, 2008). Toutefois son thème central est Esti (Rachel McAdams), personnage que Sebastián Lelio semble passer au second plan, mais dont le conflit intime noue étroitement l’histoire.
Ronit (Rachel Weisz), photographe à New York et femme libre, revient à Londres à la mort de son père, rabbin très respecté. Elle se replonge ainsi dans la communauté juive orthodoxe, retrouvant en particulier ses deux anciens amis, Dovid (Alessandro Nivola) et Esti, qui se sont mariés. Si ces deux-là affirment qu’ils sont très heureux, ce n’est pas l’image qu’ils donnent. Ronit le comprend elle qui, ayant fui ce milieu, y est considérée comme indocile, voire subversive.
Le film se déploie avec lenteur, mené par le point de vue de Ronit. Peu à peu se révèlent les liens qui unissent et ceux qui séparent, toujours corsetés par la règle et le rite. Le réalisateur peint son tableau touche après touche. Il n’y met pas d’animosité, au contraire. Son objectivité rend plus crue l’inhumanité d’une pratique religieuse étroite, attachée à la lettre plutôt qu’à l’esprit.
Le film est bien construit, l’image est belle, l’observation des rites et des superbes chants traditionnels offre un aspect documentaire qui ne manque pas d’intérêt. Mais il y a une narration et celle-ci prend beaucoup de temps pour évoquer le vrai sujet: ce qui agite Esti. Voici cette jeune juive croyante et pratiquante, épouse d’un rabbin, vêtue de noir, portant la perruque qui, à l’instar du voile musulman, la déclare «indisponible» puisqu’elle est mariée. Cependant, qu’elle l’accepte ou non, elle est habitée par des sentiments qui rejettent cette condition.
Plutôt que d’être développée, cette contradiction est longtemps éconduite par ce que vit Ronit, soit la souffrance beaucoup plus classique du personnage qui a rejeté sa famille comme celle-ci le rejette. Ce parti pris masque également le drame de Dovid, qui se trouve à son tour déchiré par le choix qui s’impose à lui. Au cœur de l’étouffement vécu par ces trois personnages, le parcours de Ronit est celui qui surprend le moins. Pourtant, alors qu’elle n’est qu’un révélateur, on lui donne le rôle principal aux dépens des deux autres. C’est le principal regret que laisse ce film.
Geneviève Praplan
| Nom | Notes |
|---|---|
| Geneviève Praplan | 12 |
| Nadia Roch | 15 |
| Georges Blanc | 16 |