Profil

Ceux qui vont bien

Affiche Ceux qui vont bien
Réalisé par Cyril Schäublin
Titre original Dewe Wos Guet Geit
Pays de production Suisse,
Année 2017
Durée
Genre Drame social
Distributeur Outside the Box
Acteurs Sarah Stauffer, Nikolai Bosshardt, Fidel Morf
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 791

Critique

Sarah travaille comme téléphoniste pour une compagnie qui propose des offres allant de l’assurance maladie à l’abonnement internet pas cher. Elle arnaque des grands-mères un peu seules en se faisant passer pour leur petite-fille en nécessité de financement. Ailleurs, des policiers contrôlent les rues, dans l’attente d’une éventuelle alerte à la bombe. Des gens déambulent, qui interviendront peut-être dans cette histoire.

Cyril Schäublin, pour ce premier long-métrage de fiction, tisse un réseau d’existences au sein d’une ville indifférente. Ces intrigues parallèles, qui semblent parfois sans rapport les unes avec les autres, dessinent pourtant les bords du film, qui sont aussi ceux de notre société. L’obsession face à l’argent et à la communication ressort de toutes les conversations, menées d’un ton égal, souvent sans échange de regards. Constat un peu désenchanté donc, d’un monde figé qui tourne en rond.

Et pourtant s’en dégage une certaine poésie, une forme de tendresse. Le réalisateur et son chef opérateur, Zurichois d’origine, parviennent à inscrire leurs personnages - tous incarnés par des comédiens amateurs - dans des plans d’une rare beauté. Ils ajoutent ainsi à leur peinture sociale un portrait urbain qui met à l’honneur les éléments les plus banals de la vi(ll)e moderne, avec presque autant de brio que les «symphonies urbaines» (Joris Ivens, Walter Ruttmann, Jean Vigo) de l’entre-deux-guerres.

A travers la répétition - plutôt lente - des mots, des plans, des actions, Ceux qui vont bien invite à la réflexion, plus qu’il ne propose une explication de nos habitudes. Une réflexion à laquelle il se soumet lui-même, comme en témoigne sa brillante séquence d’ouverture, qui pointe avec malice notre rapport parfois ambigu à la fiction. Donc à la réalité.


Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 15
Nadia Roch 14