Hostiles

Affiche Hostiles
Réalisé par Scott Cooper
Titre original Hostiles
Pays de production U.S.A.
Année 2017
Durée
Musique Max Richter
Genre Western, Drame
Distributeur Elite
Acteurs Christian Bale, Adam Beach, Rosamund Pike, Ben Foster, Wes Studi, Jonathan Majors
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 787
Bande annonce

Critique

Avec Hostiles, Scott Cooper confère à la conquête de l’Ouest sa part de sang et de larmes. L’ombre qu’il évoque et le message de réconciliation qu’il lui oppose sont autant d’adresses à l’Amérique d’aujourd’hui qui n’a pas su apprendre de ses erreurs.

Tout commence avec un cri de femme, celui rentré, ravalé de Rosalie Quaid (Rosamund Pike) dont la famille vient d’être massacrée par des Comanches ; celui désespéré, interminable d’une jeune Apache dont la fuite a été stoppée par des soldats. Entre deux, le titre du film qui s’expose dans toute son ambivalence. Il faut dire qu’elle est partout dans cette Amérique de la fin du XIXe siècle, alors que les guerres entre soldats et Indiens se sont à peine éteintes. Toutefois, l’époque n’est plus à la conquête, les titres de «gloire» ne sont plus que souvenir. En tout cas pour le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale), vétéran reconnu, dont la dernière mission est de ramener le chef Faucon Jaune (Wes Studi) sur ses terres, afin qu’il puisse y mourir en paix. De la haine, des crimes causés ou vécus, il s’agit de faire abstraction car la route est longue et mortelle.

Faire un western n’est jamais anodin. Scott Cooper ne s’en cache pas et il affirme ouvertement sa filiation aux plus grands noms du genre, de John Ford à Sergio Leone. Car Hostiles est peut-être d’abord une œuvre, à la maîtrise formelle magistrale, qui honore ses prédécesseurs sans les copier, qui magnifie son récit sans basculer dans l’artifice. En témoigne la balance parfaite entre la tension insoutenable propre à cette chevauchée sans espoir et les quelques moments suspendus qui la ponctuent, qu’ils soient de douleur ou de paix. Mais il n’y a pas que les paysages pour caractériser les westerns. Lieu privilégié de la représentation des Amérindiens pendant des décennies, il rend bien compte du rapport des Etats-Unis à ceux qui s’y trouvent depuis des lustres. Et l’on pourrait croire un instant que Cooper à son tour reprend l’image du sauvage humanisé, présent mais réduit au silence. On aurait tort. Il assume au contraire pleinement sa position de Blanc sur un sujet qui n’est qu’en partie son héritage, refusant de substituer son regard et sa voix à ceux des indigènes, afin qu’ils puissent, un jour, raconter leur propre histoire.

Des échanges qui naissent de ce périple, on ne verra donc que ce qu’en perçoivent Blocker, ses hommes mais aussi Rosalie Quaid, sauvée par le convoi après la perte des siens. Et rarement la traversée des plaines se sera aussi bien prêtée à l’exploration des motivations les plus profondes. Une question hante sans retour les protagonistes: comment garder un semblant d’humanité lorsque la vie paraît se réduire à la cruauté et la destruction? Tous y répondent à leur manière, par la foi, par la violence, par la rédemption mais y laissent une part d’eux-mêmes. Les jeux de miroir qui se déploient au cours des rencontres (plus ou moins heureuses) confirment subtilement cette ambiguïté contenue en chacun. Et sans aucun doute, elle trouve en Joe Blocker son incarnation la plus déchirante, bouleversante. Parce que Christian Bale, encore, toujours et pour toujours.

Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 18