Mort et la vie d’Otto Bloom (La)

Affiche Mort et la vie d’Otto Bloom (La)
Réalisé par Cris Jones
Titre original The Death and Life of Otto Bloom
Pays de production Australie
Année 2016
Durée
Genre Drame fantastique
Distributeur trigonfilm
Acteurs Xavier Samuel, Rachel Ward, Matilda Brown, Rose Riley
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 782

Critique

Ce film est le seul long métrage de l’Australien Cris Jones, mort subitement en septembre dernier.

Il s’inspire d’une citation du physicien Albert Einstein, selon laquelle le temps n’est que «pure illusion». Cris Jones s’est interrogé: «Si la perception que nous avançons dans le temps n’est que pure illusion, que se passerait-il si une personne vivait avec l’illusion contraire, une personne qui reculerait dans le temps?»
Otto Bloom (Xavier Samuel) est retrouvé à l’Armée du Salut. Il ne sait ni qui il est, ni d’où il vient. A l’hôpital où on l’amène, il est pris en charge par la neuropsychologue Ada Fitzgerald (Rachel Ward) qui découvre avec stupéfaction que son patient connaît ce qui va arriver, mais n’a aucun passé. Otto vit à l’envers. Il a déjà oublié comment il a rencontré Ada, mais il sait qu’ils vont s’aimer.

A classer dans le cinéma fantastique, ce film fait preuve d’originalité. Loin des robots, des combats interstellaires ou des monstres imités du Jurassique, il utilise habilement la dimension temporelle pour conduire chacun à s’interroger sur le sens de la vie, l’importance du passé et de ce que nous en faisons.

Car tout semble vrai dans cette fiction. La maestria de la narration y contribue, mais aussi le parti pris du genre, une fiction mise en scène comme un documentaire, avec ses témoignages, ses archives et ses coupures de presse. Les personnes qui ont connu Otto sont des scientifiques, des médecins, des conservateurs de musée… Comment ne pas les croire?

La Mort et la vie d’Otto Bloom s’impose donc comme un moment singulier, à vivre de façon intense, une sorte d’exercice cérébral intimé par la curiosité, le besoin de comprendre. L’histoire d’amour que les deux protagonistes partagent à contresens se tient en constant déséquilibre entre des expériences qui s’ouvrent pour Ada, qui se ferment pour Otto. Elle est toujours suspendue à quelque chose que le spectateur pressent, mais qui lui échappe.

Dans sa dimension inversée du temps, Cris Jones évite la facilité de la superstition. Il ne fait pas d’Otto une Madame Soleil qui prévient ses amis d’un éventuel danger. Non, il montre un homme bouleversé par sa conscience du futur, spécimen, malgré lui, d’un accident scientifique. Et, à suivre cet étrange personnage dans ses péripéties, on comprend que l’avenir ne peut être heureux que parce qu’on ne le connaît pas.

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 12
Adèle Morerod 15