Madame

Affiche Madame
Réalisé par Amanda Sthers
Pays de production France
Année 2017
Durée
Musique Matthieu Gonet
Genre Drame, Comédie
Distributeur Impuls
Acteurs Harvey Keitel, Rossy de Palma, Toni Collette, Michael Smiley, Tom Hughes
Age légal 8 ans
Age suggéré 8 ans
N° cinéfeuilles 779
Bande annonce

Critique

La préparation d’un souper est toujours une grande affaire, surtout si la vente d’un Caravage en dépend. Anne (Toni Collette) et Bob Fredericks (Harvey Keitel), riche couple américain, ont en tout cas rassemblé douze invités de marque dans la simplicité de leur hôtel particulier. Mais lorsque Steven, le fils de Bob, débarque et se fait treizième convive à la dernière minute, Anne doit empêcher le déséquilibre qu’un tel chiffre amènerait. Sa seule solution? Faire de sa bonne, Maria (Rossy de Palma), une invitée espagnole mystérieuse et - autant que possible - silencieuse.

Le film d’Amanda Sthers se construit à première vue comme un huis clos de luxe, mis à mal par un grain de sable inattendu. L’arrivée de Maria dans le salon, robe blanche et chaussures à sequins, rappelle d’ailleurs une autre entrée mythique, celle d’Angelica dans Le Guépard de Visconti. Comme elle, la fidèle bonne fait se heurter, par sa simple présence, des classes qui ne devraient jamais se rencontrer. Comme elle, elle éblouit la galerie par sa spontanéité. Pourtant, le souper fini, il faut que Maria regagne sa chambre et sa condition. Mais…

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car ce qui intéresse la réalisatrice, ce sont les tensions créées par une telle confrontation, la manière dont elles viennent à ronger les masques des protagonistes. Dès lors, la blonde Mrs Fredericks et la brune Maria s’opposent, chacune reflétant ce que l’autre n’a pas. L’une la bonne place dans la société, et on le lui rappelle souvent, l’autre la réalité des sentiments. Sans surprise, le monde étouffé par l’argent, l’intérêt et la tromperie dans lequel Anne et ses pairs évoluent ne laisse guère de place à la sincérité. Ce cercle vicieux et vain, la figure flamboyante de Maria ne vient que trop douloureusement le leur rappeler.

Ainsi, derrière la comédie efficace, cette lutte des apparences se déploie de façon plus complexe que prévu. La ressaisie des événements par le fils, écrivain raté, consacre notamment la suite des événements comme théâtre où s’affrontent fausseté et innocence, tout en offrant au film un regard réflexif sur lui-même. Si les thèmes abordés sont bien connus, le casting excellent permet de leur conférer une certaine authenticité et un rythme envolé. Et finalement, que demander de plus?

Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 14