Au-revoir là-haut

Affiche Au-revoir là-haut
Réalisé par Albert Dupontel
Pays de production France
Année 2017
Durée
Musique Christophe Julien
Genre Comédie dramatique
Distributeur pathefilms
Acteurs Albert Dupontel, Emilie Dequenne, Niels Arestrup, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 777
Bande annonce

Critique

Albert Dupontel adapte à l'écran le roman éponyme de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, en y apportant sa touche personnelle et avec beaucoup de talent...

L'histoire nous plonge dans la société d'après-guerre, en novembre 1919. Un dessinateur de génie et un modeste comptable, tous deux rescapés des tranchées mais meurtris par les combats sanglants, partagent une modeste demeure. Désœuvrés et anéantis, ils vont peu à peu renaître à la vie et se réinventer en décidant d'organiser une arnaque certes dangereuse mais ingénieuse aux monuments aux morts...

Ayant déjà exploré de nombreux domaines (on se souvient de la géniale comédie déjantée 9 mois ferme en 2012), Albert Dupontel s'attaque pour la première fois à la reconstitution historique avec toujours autant d'audace. Le réalisateur explique par ailleurs la manière dont il a abordé ce travail: «Intellectuellement, énormément de lectures : Erich Maria Remarque, presque tous ses livres, La Peur de Gabriel Chevallier, Orages d’acier d’Ernst Jünger, Les Croix de bois de Roland Dorgelès, Le Feu d’Henri Barbusse, tous les récits autobiographiques de Maurice Genevoix, et pléiade d’autres livres. Mais aussi énormément de films d’époque dont quelques-uns revus avec beaucoup d’insistance...» Le résultat est réussi, avec une mise en scène originale et personnelle, pleine d'énergie, comprenant quelques plans surprenants et de toute beauté.

Les héros sont attachants: Edouard Péricourt (Nahuel Perez Biscayart), cet artiste imprévisible, semble tout droit sorti d'une œuvre de la Commedia dell'arte, en fabriquant des masques synonymes de son humeur du moment. Ses créations sont non seulement superbes mais servent de prothèse pour cacher son visage défiguré. Son regard et ses yeux bleus sont les seuls survivants de cette figure dévastée, trahissant une profonde sensibilité. Albert Maillard (Albert Dupontel), ce comptable taciturne et maladroit, sans réel génie, abandonné par sa fiancée, va pouvoir se réaliser à travers le talent de son ami. Lorsque ces deux compères, qui ont risqué leur existence pour leur pays, bafouent le patriotisme et s'en prennent aux estropiés, on ne ressent aucune colère ni injustice mais plutôt une compréhension nuancée par la peine.

Leur parcours est jalonné par les vilenies du lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte), un personnage perfide, sans foi ni éthique et influencé par la froideur dominatrice de Marcel Péricourt (époustouflant Niels Arestrup), le père d'Edouard.

Quant à la construction narrative, faite de flash-back, elle accentue le côté dramatique du récit. On pourrait lui reprocher quelques longueurs et peut-être une légère surenchère d'esthétisme, mais on se laisse emporter par cette œuvre à la fois poignante, intense et poétique.

Nadia Roch

Appréciations

Nom Notes
Nadia Roch 16
Georges Blanc 17