Espèces menacées

Affiche Espèces menacées
Réalisé par Gilles Bourdos
Pays de production France, Belgique
Année 2016
Durée
Musique Alexandre Desplat
Genre Drame
Distributeur frenetic
Acteurs Eric Elmosnino, Vincent Rottiers, Suzanne Clément, Grégory Gadebois, Alice Isaaz
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 775
Bande annonce

Critique

Un cortège de voitures file dans la nuit, porté par une musique acharnée et des traînées de lumière rouge. Un mouvement de caméra nous révèle la cause d’un tel spectacle: deux tout jeunes mariés célèbrent leur bonheur. On continue de les suivre dans leur course effrénée dans les couloirs de l’hôtel où les attend la chambre nuptiale. La scène se déploie peu à peu, aux extérieurs emplis de liberté se superpose l’étouffement de la pièce qui les accueille. Mais surtout, les rapports basculent, de la séduction à l’angoisse, du confort du connu à l’étrangeté inquiétante. Une séquence d’ouverture flamboyante qui nous laisse le souffle coupé, dans l’attente de la suite.

Malheureusement, Joséphine (Alice Isaaz) et Tomasz (Vincent Rottiers) et l’ombre qui plane sur leur couple ne sont qu’une des histoires de Espèces menacées. Après un saut d’un an dans le futur, le film multiplie les pistes narratives parallèles. Un père qui s’est éloigné de sa famille, un fils qui doit gérer sa mère devenue un peu folle et les parents de Joséphine, qui voient leur fille couler sans pouvoir rien faire. Mais plutôt que d’entraîner le spectateur dans les méandres des sentiments humains, le film se dissout et les rares moments vraiment réussis s’effacent à sa suite. Les personnages «secondaires» sont fades et leurs évolutions en paraissent artificielles. Dommage, car le tout est par ailleurs porté par un travail de photographie remarquable.

Que tous ces chemins s’entrecroisent au gré des événements ne sert finalement qu’à constater la banalité triste des malheurs de chacun. Mais, il reste la tension, parfaitement maintenue, qui habite et entoure ces deux êtres perdus, incarnés avec toute la force du désespoir par Vincent Rottiers et Alice Isaaz.

Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 12