Song to Song

Affiche Song to Song
Réalisé par Terrence Malick
Pays de production U.S.A.
Année 2017
Durée
Genre Drame, Romance, Musical
Distributeur elitefilms
Acteurs Cate Blanchett, Natalie Portman, Ryan Gosling, Michael Fassbender, Rooney Mara
Age légal 14 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 773
Bande annonce

Critique

Pendant plusieurs décennies, Terrence Malick n’a produit des films qu’au compte-gouttes, déployant lentement une œuvre importante. Ce n’est que depuis le succès de The Tree of Life en 2011 que le rythme s’est accéléré. Et pas forcément pour le meilleur. Ainsi, après To the Wonder (A la merveille) et Knight of Cups, tous deux passés quasiment inaperçus, il revient avec Song to Song, qui semble être un mélange déséquilibré des deux précédents. Fidèle à ses narrations bouleversées, Malick nous entraîne, pour autant qu’on puisse en juger, à la suite d’un trio amoureux. Au centre, une jeune femme (on ne saura jamais les noms des personnages), incarnée par Rooney Mara. Autour d’elle, deux hommes, deux histoires: celle avec un riche producteur de musique (Michael Fassbender), puis celle avec un musicien discret et généreux (Ryan Gosling).

Opposer l’argent à l’innocence, la luxure à l’amour pur n’est guère original. Et ce ne sont ni le casting prestigieux, ni la bande-son - quasi indépendante des images -, ni la recherche formelle des plans qui sauvent le film d’un récit digne d’une mauvaise romance. Introspection et quête de rédemption sonnent creux dans les appartements de luxe où se perdent les personnages. Alors que Malick a toujours dépeint la tension entre nature originelle et monde envahi par l’homme, il semble être lui-même prisonnier de l’univers contemporain qu’il décrit. Doit-on voir dans les rencontres musicales qui rythment le film (notamment la magnifique Patti Smith) un univers moins compromis?

Plus dérangeant encore, cependant, c’est sa vision de la femme. Au cœur du film, elle est pourtant montrée comme détruisant son propre bonheur, parce que ne se considérant pas assez pure pour le mériter. Seul le pardon de l’homme pourra la ramener à la vie… Et pourtant, lorsque la caméra s’attarde sur les regards, sur les mains qui effleurent, comme pour vérifier la réalité de ce qui les entourent; quand Ryan Gosling sourit à celle qu’il aime, alors, on se souvient que Malick sait aussi capter les instants de grâce.

Adèle Morerod