Retour à Montauk

Affiche Retour à Montauk
Réalisé par Volker Schlöndorff
Titre original Return to Montauk
Pays de production Allemagne, France, Irlande
Année 2017
Durée
Musique Max Richter
Genre Drame
Distributeur filmcoopi
Acteurs Stellan Skarsgård, Susanne Wolff, Nina Hoss, Isi Laborde, Bronagh Gallagher
Age légal 10 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 769
Bande annonce

Critique

Le personnage principal s’appelle Max Zorn. Zorn… comme Fritz Zorn, l’écrivain qui a bousculé la Suisse en 1975? Non, cela ne semble qu’une coïncidence. D’ailleurs, le nom du lieu, Montauk, ramène à Max, puisque Montauk est un roman de Max Frisch, paru lui aussi en 1975. Schlöndorff, réalisateur en 1991 de Homo Faber (1957), œuvre phare de Frisch, s’est laissé tenter par cet autre titre. Mais, comme il le jugeait «bien trop autobiographique, bien trop essayiste», il n’en a gardé que la trame. Dommage !

Max Zorn (Stellan Skarsgård) arrive à New York pour y donner des lectures de son dernier livre. Sa femme (Susanne Wolff) l’y a précédé pour organiser les rencontres. Malgré sa présence, très vite, l’écrivain cherche et retrouve une ancienne amie (Nina Höss). Les souvenirs affluant, ils partent ensemble à Montauk où ils se sont aimés dix-sept ans plus tôt.

Retour à Montauk affiche une facture classique, soignée, esthétique, voire esthétisante. L’histoire, amputée de ce qui fait la force du roman, son introspection, ses questionnements, est moins le récit d’un amour à trois que celle d’une tentative forcément vouée à l’échec: retrouver le passé.

Les deux excellents comédiens que sont Nina Höss et Stellan Skarsgård donnent beaucoup de présence à leur personnage mais ne peuvent rendre une matière qui n’existe pas. Les heures vécues à poursuivre des souvenirs n’apparaissent jamais aussi intenses qu’elles le devraient, trop occupées par les anecdotes et les reproches.
Ainsi Retour à Montauk réveille-t-il des fantômes sans parvenir à leur donner de la profondeur. Mais, dédié à Max Frisch, il devrait rappeler l’importance d’un écrivain suisse qu’on ne relit jamais assez.

Geneviève Praplan