Momie (La)

Affiche Momie (La)
Réalisé par Alex Kurtzman
Titre original The Mummy
Pays de production U.S.A.
Année 2017
Durée
Musique Brian Tyler
Genre Fantastique, Aventure, Epouvante-horreur
Distributeur universal
Acteurs Tom Cruise, Russell Crowe, Sofia Boutella, Annabelle Wallis, Jake Johnson
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 771
Bande annonce

Critique

Ahmanet, fille de pharaon, a été élevée pour régner. Mais lorsqu’un héritier mâle naît et risque de prendre sa place, elle passe un accord avec Seth, le dieu de la mort. Des siècles plus tard, son tombeau est découvert au milieu du déser irakien. Sauf qu’il n’aurait jamais dû être ouvert…

Une princesse égyptienne maudite il y a des milliers d’années, des archéologues aux obsessions un peu étranges, un poignard aux pouvoirs démesurés. Il ne manquait plus que Tom Cruise, en voleur d’antiquités un peu obtus et anti-héros au possible, pour avoir la base d’un bon film de divertissement. La question n’est cependant pas de savoir si cette nouvelle version de La Momie (la dernière en date étant la série de films avec Brendan Fraser, début 2000) remplit sa promesse en termes d’action et de surprises. Non, à voir, en 2017, une telle instrumentalisation de la mythologie égyptienne, on est plutôt frappé par le racisme latent de l’ensemble.

Le fait de priver un pays, une culture, de son histoire est pourtant thématisé par le film dans ses premières minutes. En effet, rebelles extrémistes qui détruisent des statues à coup de kalachnikovs ou pilleurs de tombeaux sans scrupule, tous ont droit à leur petite critique acerbe. Un combat que mène notamment le personnage féminin incarné par Annabelle Wallis, archéologue et plus tard alliée de Tom Cruise. Les reproches s’estompent toutefois déjà lorsqu’on découvre son travail; si elle vole elle aussi, ce n’est pas pour l’argent mais pour une entreprise déterminée à étudier les incarnations mythologiques du Mal pour mieux le combattre. Voilà qui change tout!

Faut-il rappeler que la figure néfaste ici est la brune Ahmanet, qui n’a eu comme faute que l’envie du pouvoir (bienvenue sexisme!) et, parce qu’Egyptienne, a évidemment usé de stratagèmes horribles? Rien à voir, bien sûr, avec ceux déployés par la blonde Anglaise et ses coéquipiers pour imposer le Bien. «Il faut parfois être un monstre pour combattre un monstre»: Russell Crowe ne saurait mieux dire. Dommage que le film ne se sente pas visé!

 

 

Adèle Morerod