De plus belle

Affiche De plus belle
Réalisé par Anne-Gaëlle Daval
Pays de production France
Année 2017
Durée
Musique Alexis Rault
Genre Comédie dramatique
Distributeur frenetic
Acteurs Nicole Garcia, Olivia Bonamy, Mathieu Kassovitz, Florence Foresti, Jonathan Cohen
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 764
Bande annonce

Critique

Costumière de métier, Anne-Gaëlle Daval passe derrière la caméra pour nous présenter une œuvre tout en douceur et en subtilité.

Ce film aborde un sujet délicat : la maladie, et plus précisément, le cancer du sein. Lucie (Florence Foresti), après avoir suivi un traitement que l’on devine lourd et douloureux, est guérie et doit reprendre sa vie en main. Perdue, angoissée, elle ne parvient pas à récupérer ses repères. Entre une mère tyrannique, une fille adolescente, un frère qui est également son gynécologue, et sa sœur confrontée à un mari volage, Lucie essaie de retrouver un équilibre. Sa rencontre avec Dalila (Nicole Garcia), professeur de danse, va lui permettre petit à petit de reprendre contact avec son corps, de le ressentir, de l’accepter… C’est dans ce contexte qu’elle va faire la connaissance de Clovis (Mathieu Kassovitz), un charmeur arrogant mais terriblement attirant…

Ce film aborde plusieurs aspects relatifs à la maladie : tout d'abord, la perte de confiance en soi, très déstabilisante et encore plus violente quand le problème touche la partie du corps représentant l’image même de la féminité. Surmonter ses complexes et être bien dans sa peau en temps normal n’est déjà pas chose aisée; aussi, s’aimer quand on s’estime diminuée est encore plus difficile. Dans un deuxième temps, le cancer n'est plus abordé comme une fatalité mais comme une difficulté à surmonter permettant de reconsidérer les priorités. La vie de la protagoniste change, changement qui débouche sur un recommencement: il s'agit de s'adapter mais en aucun cas d'abandonner. Le parti pris est de se concentrer sur la reconstruction.

Dans ce contexte, l'environnement joue un rôle important. La réalisatrice peint un portrait familial touchant à la fois par sa justesse et par sa maladresse. En effet, l'amour et la compassion sont présents mais souvent envahissants, chacun exprimant son angoisse de manière différente : le frère est très tendre mais super protecteur. La sœur essaie de se montrer compréhensive mais elle a ses propres problèmes à surmonter. La mère montre une agressivité dissimulant ainsi son propre mal-être. La fille se révèle être une parfaite adolescente, centrée sur elle-même et incapable d'être un soutien pour sa maman. Un tableau réaliste décrivant une situation délicate mais qui évite avec intelligence le côté tragédie pour permettre une vraie réflexion. 

La prestation de Florence Foresti, connue pour ses spectacles humoristiques et son jeu excessif est surprenante : elle réussit un virage intéressant en interprétant ce personnage tout en douceur, dans un rôle difficile ou la justesse est primordiale pour émouvoir le spectateur. Même si quelques lourdeurs et longueurs peuvent nuancer l'enthousiasme, on ressort bouleversé par le destin de cette femme.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Nadia Roch 15
Georges Blanc 11