Arnaque, crimes et botanique

Affiche Arnaque, crimes et botanique
Réalisé par Guy Ritchie
Pays de production Grande-Bretagne, U.S.A.
Année 1998
Durée
Musique David A. Hughes, John Murphy
Genre Policier
Distributeur PolyGram Film Distribution
Acteurs Dexter Fletcher, Jason Flemyng, Steven Mackintosh, Nick Moran, Jason Statham
N° cinéfeuilles 358
Bande annonce

Critique

"Ça commence comme une comédie, ça dérive ensuite vers le burlesque, ça dérape enfin dans la violence. La séquence d'ouverture nous montre Eddy (Nick Moran) en camelot plein de bagou vendant à la sauvette de la marchandise ""pas encore payée"" et détalant avec un copain pour échapper à deux ""bobbies"", dans une poursuite à la McSennett.

En tout, ils sont quatre jeunes potes qui, à force de petits boulots et d'expédients, parviennent à amasser chacun 25'000 livres pour une cagnotte commune qui leur permettra d'acquérir une affaire profitable. Eddy espère faire fructifier le magot en le jouant au poker, car il a le génie du jeu: tout le monde dit que, pour lui, les cartes sont transparentes... Il défie Hatchet Harry, un roi du porno qui le laisse d'abord gagner puis, grâce à un complice muni d'une caméra-vidéo cachée lui communiquant la main de son adversaire, le crucifie d'une dette d'un demi-million de livres. Délai de règlement: une semaine, sinon gare aux doigts d'Eddy, et le père de celui-ci (Sting, qui vieillit bien, soit dit en passant) devra céder son bar bien achalandé.

S'ensuit un imbroglio mettant aux prises le quatuor décidé à trouver la somme par tous les moyens; des étudiants planants, cultivateurs de marijuana et raffineurs de drogue; deux malfrats bêtes comme leurs pieds; un fourgue grec; les hommes de main de Hatchet Harry; un dealer de couleur et ses gorilles. Pour compléter cet inventaire à la Prévert, un contractuel paumé...

Le premier long métrage de Guy Ritchie révèle l'influence d'un Tarantino, avec ce mélange d'humour noirissime, de violence et de démesure. L'écriture du film et son image sont au diapason. Le soussigné est partagé et souhaiterait pouvoir donner deux notes, à l'instar des deux âges d'admission pour les enfants et les jeunes. Une note cinématographique et une note morale. La première serait bonne, la seconde moins, tant il est vrai que si l'on se prend à rire, ce n'est pas sans arrière-pensées; peut-on tout tourner en dérision?

On se consolera en citant Talleyrand (""Tout ce qui est excessif est insignifiant"") et en constatant que, quelques heures après la projection, il ne reste rien d'un film qui n'apporte rien."

Daniel Grivel