Chez nous

Réalisé par Lucas Belvaux
Pays de production France, Belgique
Année 2017
Durée
Musique Frédéric Vercheval
Genre Drame
Distributeur agorafilms
Acteurs André Dussollier, Catherine Jacob, Emilie Dequenne, Guillaume Gouix, Anne Marivin
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 764
Bande annonce (Allociné)

Critique

Pauline (Emilie Dequenne), infirmière à domicile dans une région du nord de la France où les habitants se sentent de plus en plus marginalisés, voire abandonnés, s’occupe seule de ses deux enfants et de son vieux père, ancien métallurgiste et militant de gauche. Les patients dont elle s’occupe apprécient cette jeune femme dévouée sur laquelle ils peuvent compter. Le médecin avec lequel elle collabore, affilié à un parti d’extrême droite appelé le Bloc Patriotique, avatar du Front National, mise sur elle et sa popularité pour rallier les électeurs déçus des politiques, et lui propose d’être sa candidate aux prochaines élections municipales. La jeune femme hésite, ignorant en fait le programme de ce parti, puis accepte même de se teindre en blonde comme le lui demande le parti qu’elle a finalement rejoint. Dans le même temps, elle lie une relation avec un ancien amoureux rencontré dans son adolescence, dont elle ne sait rien, surtout pas qu’il tabasse des immigrés la nuit.

Le réalisateur belge Lucas Belvaux n’a pas eu peur de décrire une réalité difficile à affronter, celle de la montée du populisme et de s’en prendre au FN et à ses méthodes de recrutement dans le monde ouvrier, mais aussi à ses dérives extrémistes créant la haine de l’autre qui n’est pas de Chez nous, dans une région ravagée par la fermeture des hauts fourneaux de Florange. La présidente du Bloc Patriotique décrit par Delvaux ressemble à s’y méprendre à Marine Le Pen et son second, à Florian Philippot. Avant même sa sortie, le long métrage a suscité la colère de ce dernier et la polémique en France.

Engagé, le film de Lucas Delvaux l’est, mais le réalisateur montre aussi que le vote FN est devenu pour bien des électeurs le moyen de crier leur colère, leur désarroi face à la mondialisation, au chômage, à l’immigration, à la ghettoïsation de certains quartiers. Le film invite à la réflexion sur des questions sensibles qui ne touchent hélas pas que la France.

Appréciations

Nom Notes
12
Anne-Béatrice Schwab 17
Geneviève Praplan 15
Philippe Thonney 17
Georges Blanc 14