Fille inconnue (La)

Affiche Fille inconnue (La)
Réalisé par Jean-Pierre, Luc Dardenne
Pays de production Belgique, France
Année 2016
Durée
Genre Drame
Distributeur xnix
Acteurs Jérémie Renier, Adèle Haenel, Christelle Cornil, Olivier Bonnaud, Louka Minnella
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 754
Bande annonce

Critique

A l’instar de Ken Loach, les frères Dardenne campent leur cinéma dans la misère sociale en espérant que leurs personnages trouveront une rédemption. Dans La Fille inconnue, le ton est plus policier, Jenny Davinsubstituant en partie son métier de médecin contre celui d’enquêteur du dimanche.
Au départ, la Doctoresse Davin est promise à un bel avenir au sein d’une équipe médicale. Mais pour l’instant, elle remplace un confrère spécialisé dans la médecine sociale. Occupée à sermonner son stagiaire (Olivier Bonnaud), elle rate une urgence; il en résultera un cadavre…une jeune femme inconnueest retrouvée morte au bord de la rivière.

Le sentiment de culpabilité est intense. C’est ce qu’observent les cinéastes belges, y associant peu à peu d’autres personnes à la conscience tourmentée.Ils parlent du geste manqué dont les conséquences sont irréparables, font percevoir ledésir forcené de revenir en arrière pour changer le cours des choses. Mais tout en suivant Jenny Davin dans son besoin de réparation, ils n’oublient pas qu’elle est médecin et en profitent pour peindre avec douceur la tristesse des situations qui échouent dans son cabinet.
Une atmosphère grisâtre malgré la présence de la rivière, des friches industrielles et des immeubles peu séduisants, le décor n’est pas plus gai que l’histoire qu’il enserre. Les frères Dardenne filment ce ciel bas et ces quartiers sans sourire. Ils suivent de près leurs protagonistes, leurs expressions qui remplacent bien des dialogues.

Leur cinéma estnaturaliste et généreux, on y est habitué. Pourtant, quelque chose dérange dans ce nouveau film. L’aspect policier de l’histoire prend trop de place en regard du manque de crédibilité qui le caractérise.  C’est bien le remord de Jenny Davin qui compte ici, mais il n’est pas suffisamment éclairé,encombré par l’enquête et son dénouement trop simple, trop facile.

Ce sera donc dans les consultations médicales qu’il faudra chercher le souffle humaniste qui empreint généralement ce genre d’oeuvre. Un souffle malheureusement trop fragile ici.

Geneviève Praplan


Le cabinet médical est fermé depuis une heure lorsque retentit la sonnette. Ni Jenny, ni son stagiaire, auquel elle tente d’inculquer méticulosité et perfectionnisme, ne répondent. Le lendemain, Jenny apprend qu’une jeune femme a été retrouvée morte sur la berge toute proche. Apprenant qu’elle avait sonné au cabinet quelques minutes auparavant,  Jenny se voit envahie de remords.  Son sentiment de culpabilité  la conduit dès lors à enquêter sur cette inconnue. Qui était-elle ? D’où venait-elle ? Que faisait-elle là à cette heure ? Et plus encore, comment s’appelait cette femme pour laquelle Jenny loue une concession au cimetière. Bien que la police l’enjoigne à cesser ses recherches, la jeune médecin insiste. Et c’est peut-être là que plusieurs questions se posent, car Jenny ira-t-elle jusqu’à dépasser ses limites professionnelles pour découvrir l’identité d’une jeune femme ? Adèle Kaenel incarne avec conviction cette femme médecin qui  se consacre totalement à ses patients (jusqu’à renoncer à une carrière), mais qui paraît engoncée dans une terrible solitude. Olivier Bonnaud et  Jérémie Rénier sont également au générique, mais convainquent moins qu’auparavant. A

final, que penser de ce scénario ? Tient-il ? Peut-être pas totalement, mais ce serait oublier que cette réalisation est simultanément une parabole à propos de milliers d’hommes et de femmes sans nom qui frappent à la porte de la vieille Europe. Cette dernière a annoncé elle aussi sa fermeture, mais il n’est pas sûr que les sentiments de culpabilité qui pourraient l’envahir la conduise à tout mettre en œuvre pour que vérité et dignité finissent par s’embrasser, quitte pour cela à renoncer à quelques règles ou régulation.

Serge Molla

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 15
Serge Molla 16
Georges Blanc 13