Vie entre deux océans (Une)

Affiche Vie entre deux océans (Une)
Réalisé par Derek Cianfrance
Titre original The Light between Oceans
Pays de production U.S.A., Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande
Année 2016
Durée
Musique Alexandre Desplat
Genre Drame, Romance
Distributeur elitefilms
Acteurs Rachel Weisz, Michael Fassbender, Bryan Brown, Jack Thompson, Alicia Vikander
Age légal 12 ans
N° cinéfeuilles 754
Bande annonce

Critique

Dans la lointaine Australie d’après-guerre, un gardien de phare et sa femme se désespèrent de ne pas avoir d’enfants. Un jour, la marée ramène un canot à la dérive sur l’île battue par les vents et avec lui, un nouveau-né.

Une vie entre deux océans est un mélodrame, avec tous les codes et présupposés qui le constituent. Or, que dire des films conditionnés par le genre auxquels ils appartiennent? Faut-il leur reprocher leur incapacité à être novateur, à faire date ou à bouleverser les cadres? Ne pourrait-on pas penser qu’il leur suffit de respecter les règles du «jeu» et de satisfaire les attentes des spectateurs?

On est ici devant un cinéaste capable non seulement d’une certaine maîtrise mais également d’un imaginaire propre. En effet, The Place Beyond the Pines (2013) mais surtout Blue Valentine (2011)mêlaient des récits sans concession à une image splendide, semblant dessiner une proposition d’univers cinématographique. Ici ne subsistent toutefois que les belles images, ainsi que les acteurs superbes (dans tous les sens du terme)- il faut en effet reconnaître à Derek Cianfrance un talent à composer ses castings. La peinture de l’époque, les évocations tout en sensibilité de la vie sur le phare, la nature déchaînée qui confère à l’ensemble une dimension gothique tout à fait appréciable: toute la première partie du film est menée avec inspiration et parvient à rendre sincère la mise en place par ailleurs conventionnelle du récit. Néanmoins, dès que le drame se noue autour de l’arrivée de l’enfant venu des flots, tout devient plus laborieux, la trame narrative ne parvient pas à nous emporter complètement dans les tourments des personnages.

L’ensemble reste donc mal ficelé, illustration parfaite de ce qui poursuit les films de genre: une difficulté à sortir d’un entre-deux malaisé entre convention et création, platitude et envolée lyrique.  Finalement, c’est en choisissant le compromis que Une vie entre deux océans échoue à séduire complètement.

Adèle Morerod

Appréciations

Nom Notes
Adèle Morerod 10