Fils de Joseph (Le)

Affiche Fils de Joseph (Le)
Réalisé par Eugène Green
Pays de production France, Belgique
Année 2016
Durée
Musique Adam Michna Z Otradovic, Emilio de Cavalieri, Domenico Mazzocchi
Genre Drame
Distributeur inconnu
Acteurs Fabrizio Rongione, Mathieu Amalric, Natacha Régnier, Maria de Medeiros, Victor Ezenfis
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 752
Bande annonce

Critique

Vincent (Victor Ezenfis), adolescent bien élevé mais peu sociable, vit seul avec une mère attentive et aimante, Marie (Natacha Régnier), qui a toujours refusé de révéler à son fils le nom de son père. Vincent découvre un jour qu’il s’agit d’Oscar Pormenor (Mathieu Amalric), un éditeur connu assez désagréable, égoïste et coureur. Vincent décide alors de se venger. En cours de route, il fera la connaissance de Joseph, un homme qui contribuera à modifier le sens de son existence.

Un thème peut-être rebattu (la recherche du père), mais un cinéma tout à fait original. Le réalisateur Eugène Green est parti de l’idée de transformer le mythe du «Sacrifice d’Abraham» : Le Fils de Joseph est ainsi divisé en cinq chapitres qui ont tous trait à des passages de la Bible. «Le Sacrifice d’Abraham» d’abord, où l’on voit le personnage de Vincent face à sa mère; «Le Veau d’or» ensuite, avec le milieu de l’édition, ses jeux de pouvoir et les flatteries de la critique; la troisième partie, «Le Sacrifice d’Isaac», accompagne Vincent dans sa tentative de se venger de son père, comme dans un renversement du mythe; les quatrième et cinquième chapitres («Le Charpentier» et «La Fuite en Egypte») constituent l’épilogue.

Eugène Green signale ici et là les dérives de notre société. Avec par exemple une jolie description d’un milieu littéraire huppé et d’une certaine foire aux vanités, à travers le portrait d’Oscar et de son entourage – on croise Violette Tréfouille (Maria de Medeiros) dans le rôle d’une journaliste de «L’Ascenseur littéraire». La satire est amusante, l’ironie piquante, mais sans plus.

Sur le plan formel le cinéaste gère bien son affaire, avec un cinéma très épuré, très personnel : dans cette intrigue douloureuse, les acteurs ne jouent pas, mais détaillent et scandent textes et dialogues de manière discrète, pointue, presque pédante (c’est du beau français !), en regardant le spectateur droit dans les yeux. Le montage est très particulier et l’écriture dépouillée: les plans sont fixes, les champs et contrechamps se succèdent, les décors sont bien choisis, tout est mis en forme pour donner une signification au monde environnant. Pour les trois rôles principaux d’adultes, le réalisateur a pu compter sur les grands talents conjugués de Natacha Régnier, Fabrizio Rongione et Mathieu Amalric.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 14
Nadia Roch 10