High Fidelity

Affiche High Fidelity
Réalisé par Stephen Frears
Pays de production U.S.A., Grande-Bretagne
Année 2000
Durée
Musique Howard Shore
Genre Comédie, Drame
Distributeur Gaumont Buena Vista International (GBVI)
Acteurs John Cusack, Iben Hjejle, Todd Louiso, Jack Black, Duke Doyle
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 399
Bande annonce

Critique

Stephan Frears revient avec un film excellent, aussi différent que les précédents l'étaient les uns des autres.

Histoire d'amour, histoire de rupture, histoire de mal de vivre, c'est un fil conducteur de la vie de Rob. Le second, c'est la musique. Pour notre plaisir à tous.

L'existence de Rob (John Cusack) est mouvementée. Il l'explique aux spectateurs en les regardant droit dans les yeux. Pourquoi les femmes qu'il aime le laissent-elles tomber les unes après les autres? A finir par Laura (Iben Hjejle) qui vient de partir en claquant la porte. La vie continue et Rob continue en même temps à s'interroger. Il passe en revue ses amours passés, depuis le collège. Mais le visage de Laura ne le quitte pas. Bien sûr, elle est avocate, lui n'est qu'un simple vendeur de disques. Vendeur de disques? De fait, il possède un magasin qui vend toutes sortes de bons titres que l'on ne trouve pas ailleurs. Ses acolytes Dick (Todd Louiso) et Barry (Jack Black) sont, chacun dans leur genre, des personnages peu ordinaires. ils ne sont pas forcément les meilleurs vendeurs pour Rob, mais ce dernier a bien d'autres soucis.

Ou plutôt, un autre et unique souci. Ce qu'il est, ce qu'il n'est pas et qui fait qu'il se retrouve seul après cinq liaisons. Il décide de retrouver les filles, les unes après les autres, et d'essayer de mettre les choses à plat. Subtil exercice de psychothérapie, les scénaristes et le réalisateur se jouent des pièges et donnent à Rob les traits d'un homme sincère, qui doute loya­lement, qui manque de confiance en lui au fond. John Cusack convainc sans peine les spectateurs des malheurs de son personnage. Stephan Frears le rend attachant d'emblée en faisant du public son confident. Rob est filmé dans son quotidien, mais il sort sans cesse de sa routine pour ajouter un commentaire ou une précision à l'attention des spectateurs. Pour autant, les autres personnages ne sont pas négligés. Chacun a sa chance dans cette vie sans repères, dont on contourne les dangers au risque de malentendus qui finissent toujours par tout gâcher.

Chicago sert de décor à cette histoire, ville tentaculaire dont le réalisateur ne montre en bel arrière-plan, que les tours du down­town, au bord du lac Michigan. Cette présence-là de la cité est protectrice. Le reste du décor est intime, protecteur lui aussi. L'appartement de Laura, devenu celui de Rob, est modeste, mais bourré de disques et de fauteuils pour les écouter. Et la musique, un autre plaisir du film, un autre décor permanent qui permet à plusieurs personnages du film de montrer qu'eux aussi ont quelque chose à dire. Pourvu qu'on leur fasse confiance. Décidément l'humanisme de Stephen Frears ne déçoit jamais.

Geneviève Praplan