Un jour comme un autre

Affiche Un jour comme un autre
Réalisé par Fernando León de Aranoa
Titre original A Perfect Day
Pays de production Espagne
Année 2015
Durée
Musique Arnau Bataller
Genre Drame, Comédie
Distributeur praesensfilm
Acteurs Benicio Del Toro, Mélanie Thierry, Tim Robbins, Olga Kurylenko, Fedja Stukan
Age légal 12 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 742
Bande annonce

Critique

La guerre des Balkans est sur le point de se terminer. Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone où les tensions sont encore fortes : le cinéaste espagnol Fernando Leon de Aranoa suit pendant 48 heures deux femmes et trois hommes engagés dans une région reculée de Bosnie. Le récit d’un travail difficile, un film plein de réalisme et de pudeur.

Mambru (Benicio del Toro), baroudeur humanitaire aguerri, est sur les lieux avec son équipe chargée d’apporter les premiers secours et de répondre aux demandes des habitants. Avec son collègue bourru appelé «B» (Tim Robbins), il est en mission dans la région depuis longtemps. «B» et lui ont tous deux envie de rentrer chez eux, contrairement à Sophie (Mélanie Thierry) qui vient d’arriver et qui, pleine d’énergie, souhaite apporter son aide le plus vite possible. A côté d’eux, il y a aussi l’interprète Damir (Fedjan Stukan), plus réservé et qui attend impatiemment la fin des hostilités, et une autre femme, Katya (Olga Kurylenko), une ancienne amie de Mambru: fonctionnaire et un peu gratte-papier, elle va débarquer et découvrir la réalité du terrain.
Le cinéaste espagnol s’est inspiré du roman Dejarse Llover, de Paula Farias (responsable des opérations MSF en Espagne). De Aranoa avait entendu parler de ce livre lorsqu’il réalisait un documentaire dans le nord de l’Ouganda (avec MSF). A noter aussi qu’il avait déjà eu l’occasion de tourner un autre documentaire aux côtés d’humanitaires, en couvrant la guerre en Bosnie, en 1995.

A Perfect Day aborde donc un sujet sensible, mais le cinéaste a choisi, tout en parlant d’une tragédie, de ménager de fines touches d’humour : « Il s’agit, dit-il, d’un drame à l’intérieur d’une comédie, à l’intérieur d’un road-movie et d’un film de guerre. L’humour est inhérent au drame, et je ne peux pas imaginer l’un sans l’autre ». Le cinéma de Fernando Leon de Aranoa se distingue ici par un côté très personnel, par une grande sobriété dans une mise en scène parfois intimiste, et par le refus du spectaculaire et des « effets ». Le naturalisme et l’authenticité de l’interprétation, la justesse du ton font de cette description de la vie d’humanitaires venus de tous les coins du monde un tableau sobre et réaliste.

Film assez inclassable, A Perfect Day donne parfois l’impression de prendre plaisir à mélanger les genres, mais il le fait avec beaucoup de soin. Les dialogues entre les protagonistes sonnent juste, même si Mambru et «B» ne se lassent pas de pratiquer l’humour noir à l’adresse de leurs collègues féminines. Un humour qui permet peut-être d’affronter le pire… Le sujet reste lourd et douloureux, certes, et le film est bien ancré dans la dureté et la mort, mais une forme de pudeur en tout point remarquable permet au (sou)rire de trouver une petite place dans cette peinture de l’enfer.
On relèvera le casting impressionnant du film (Benicio del Toro et Tim Robbins en tête, sans oublier tous les acteurs bosniaques, serbes et croates), ainsi que la beauté d’immenses  paysages montagneux. Le montage est très fluide et le film va bien au-delà d’un simple récit de guerre en Bosnie : ce passé récent n’a rien d’un passé éteint, et la portée du film est toujours d’actualité…

Antoine Rochat


Balkans, un groupe d’humanitaires est en mission de guerre : Sophie, nouvelle recrue chargée des questions d’eau, Mumbrú, chef de la mission désireux de rentrer au pays, B., vieux routard chevronné que plus rien n’effraie et à qui on le fait pas, Damir l’interprète. Rejoindront l’équipe, un gosse du coin et la belle Katya qui doit rédiger un rapport pour les hautes sphères. Au programme du jour : un cadavre à extraire d’un puits, une corde et un ballon de football à trouver, des checkpoints à passer, quelques jeux de pouvoir avec des responsables onusiens : bref la routine. Autrement dit, rien qu’un jour «parfait » semblable à tous les autres, où tout pourrait paraître glauque et désespérant si l’humour – pour s’empêcher de pleurer –  n’éclairait pas bien des scènes, forçant le tragique à s’enfuir. C’est d’ailleurs dans ce registre que le duo Tim Robbins (B.) – Benicio Del Toro (Mumbrú) fait merveille, les deux monstres révélant avec conviction et réalisme combien les meilleures intentions politiques et militaires ou le respect scrupuleux des procédures et des questions de sécurité débouchent parfois sur des situations burlesques où la réalité dépasse la fiction, pour ne pas dire l’affliction. (SM)

Serge Molla

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 16
Serge Molla 15
Anne-Béatrice Schwab 15