Saint Amour

Affiche Saint Amour
Réalisé par Benoît Delépine, Gustave Kervern
Pays de production France, Belgique
Année 2015
Durée
Musique Sébastien Tellier
Genre Comédie, Drame
Distributeur frenetic
Acteurs Benoît Poelvoorde, Gérard Depardieu, Gustave Kervern, Céline Sallette, Vincent Lacoste
Age légal 12 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 741
Bande annonce

Critique

Partant du Salon de l’Agriculture à Paris, un vieux paysan et son fils, conduits par un jeune chauffeur de taxi, démarrent sur un coup de tête un tour de France en suivant la route des vins. Pendant ces quelques jours, ils vont, aidés en cela par diverses rencontres féminines plus ou moins fugaces qu’ils feront en route, renouer un contact depuis longtemps rompu entre eux, régler leurs comptes et démarrer une nouvelle vie.

Voilà qui pourrait faire croire à un film sérieux, émouvant et introspectif. Mais n’oublions pas que ce sont les deux enfants terribles de Groland qui ont écrit le scénario et réalisent le film. Avec eux, l’humour à froid, le cynisme et la provocation ne sont jamais loin, comme ils l’ont déjà montré dans Louise-Michel, Mammuth ou Le Grand soir. Ils sont d’ailleurs toujours servis par une bande d’acteurs très à l’aise dans ce registre, comme Yolande Moreau, Depardieu, Poelvoorde ou Dupontel. Mais contrairement à leurs précédents films qui offraient une vraie bouffée de renouveau politiquement incorrect, Saint-Amour laisse un goût d’inachevé.

Certes, certaines idées sont très belles. Principalement toutes les rencontres au hasard de la route qui permettront à ces trois handicapés de l’amour et des sentiments d’ouvrir leur cœur. Ou Jean (Gérard Depardieu), continuant à laisser de tendres messages sur le répondeur de sa défunte épouse. Malheureusement, ce long métrage n’est guère qu’une suite de moments sans réel fil rouge qui les relie entre eux. Un film à sketches peut être très réussi s’il est conçu comme tel, mais pas s’il est censé être un scénario homogène. Cet aspect décousu dilue le propos, empêche l’émotion d’atteindre des sommets, et ne permet pas non plus aux nombreuses provocations de dépasser le stade de l’incongruité. Le film se voit donc avec un certain plaisir, mais s’oublie aussitôt. Quand aux acteurs, il y a du pour et du contre. Les actrices jouant les déclencheurs de sentiments (Ana Girardot, Céline Sallette et la revenante Andréa Ferréol) sont excellentes, et Depardieu absolument splendide. Vincent Lacoste est assez fade. Quand à Poelvoorde, à travers de nombreuses scènes d’ivresse, il nous refait du Poelvoorde… un tout petit peu moins que d’habitude peut-être. Finalement, la meilleure idée du film est son titre, mêlant le nom d’un grand vin avec la quête des personnages.

Note

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 12
Georges Blanc 7
Geneviève Praplan 8