Heidi

Affiche Heidi
Réalisé par Alain Gsponer
Pays de production Suisse, Allemagne
Année 2015
Durée
Musique Niki Reiser
Genre Famille, Aventure
Distributeur waltdisney
Acteurs Bruno Ganz, Katharina Schüttler, Anuk Steffen, Isabelle Ottmann, Quirin Agrippi
Age suggéré 6 ans
N° cinéfeuilles 740
Bande annonce

Critique

Saluons le retour sur les écrans d’Heidi, la friandise suisse la plus célèbre dans le monde, avec Milka et Ricola. Et profitons-en pour rappeler que d’innombrables adaptations furent faites des deux romans écrits en 1880 et 1881 par Johanna Spyri: des comédies musicales, des bandes dessinées, des mangas, et bien sûr une kyrielle de films pour le cinéma et la télévision depuis les années 20; certaines de ces œuvres avec des acteurs inattendus, puisque Shirley Temple interpréta Heidi en 1937, et Jason Robards son grand-père en 1993.

On peut donc se demander ce qui a poussé Alain Gsponer, réalisateur suisse établi en Allemagne, à remettre le couvert une énième fois. Mais peu importent ses raisons, le film est une belle réussite. Tout d’abord parce que l’écriture est à nouveau profondément fidèle au récit et à l’âme des romans initiaux, alors que d’autres oeuvres avaient pu prendre plus ou moins de libertés (on peut même trouver un film avec Charlie Sheen dans lequel Heidi et Peter sont transposés dans les tranchées de la guerre de 14!). Sans être trop manichéen, le scénario montre bien ce que Spyri avait voulu décrire, comme la différence entre la montagne synonyme de santé, de bien-être et de liberté et la ville où règnent la maladie, l’indifférence et la bêtise. D’autre part, le film est principalement tourné dans les beaux décors naturels des Grisons, notamment dans le même village qui avait servi à la version de Comencini en 1952, et propose donc de magnifiques images. Enfin, le casting est parfait, que ce soit les acteurs des scènes se passant dans la ville allemande (les meilleurs moments du film, paradoxalement) ou les enfants, et particulièrement la très jeune héroïne; et bien sûr, dans le rôle du grand-père bourru au cœur tendre, le merveilleux Bruno Ganz. C’était simple, mais il fallait y penser.

Il se dégage du film un sentiment de plénitude et, aussi grâce à la musique, d’espièglerie et de joie. Et d’émotion aussi: on a beau se dire que non, non, on ne se laissera pas avoir, les yeux se troublent quand Clara retrouve l’usage de ses jambes grâce au bon air des montagnes grisonnes. Peut-être que la jeune génération, pour laquelle tout ce qui s’est fait avant l’an 2000 est archaïque et sans intérêt, pourra grâce à ce film découvrir cette jolie histoire et en être touchée.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 17
Nicole Métral 14