Dirty Papy

Affiche Dirty Papy
Réalisé par Dan Mazer
Titre original Dirty Grandpa
Pays de production U.S.A.
Année 2016
Durée
Musique Michael Andrews (IV)
Genre Comédie
Distributeur pathefilms
Acteurs Zac Efron, Aubrey Plaza, Julianne Hough, Zoey Deutch, Rémi Caillebot
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 740
Bande annonce

Critique

Quand on veut déboulonner la morale, toutes les morales, les sentiments et la dignité, il y a plusieurs solutions. On peut en faire de superbes "opéras" crépusculaires, comme le firent Scorsese, Coppola ou Sergio Leone; on peut, avec une bonne dose de finesse, de cynisme et d'humour noir, atteindre certains chefs d'œuvre de la comédie italienne, avec Les Nouveaux monstres en point d'orgue; ou alors, on crée des comédies scandaleuses, poussives et vulgaires pour ados décérébrés, dont ce Dirty grandpa (traduit dans le film "Papy cochon" pour donner une idée du niveau) est un spectaculaire exemple.
A la mort de sa femme après 40 ans d'un mariage heureux, Dick Kelly (Robert De Niro) embarque son petit-fils Jason (Zac Efron), lui-même à quelques jours de son mariage arrangé avec une bourgeoise pimbêche, pour un pèlerinage qui s'avérera vite être une virée de débauche. En effet, Dick veut rattraper le temps perdu: faire la fête, se saouler et coucher avec un maximum de nymphettes. Pas de souci: juste avant de mourir, sa femme lui a dit qu'il devait continuer à vivre et à prendre du bon temps! Du graveleux à ce point, ça donne le tournis. Pas une phrase dans le film où il n'y ait une allusion sexuelle; des cuites, des bagarres, des orgies fadasses, et une morale finale plus que douteuse, avec un discours malsain sur les vieux, les femmes et l'amour. Pas sûr que voir un avocat juif, ivre mort après le Spring break, se réveiller sur la plage avec des pénis formant une « svastika » dessinés sur le visage soit le comble de la provocation!

Certes, De Niro, tout au long de sa carrière, n'a jamais hésité à casser son image et à alterner Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976), avec Mon beau-père et moi (Jay Roach, 2000); et d'autre part, il a largement gagné le droit de tourner ce qu'il veut sans avoir à rendre de comptes. Mais quand on le voit dans cet incroyable monument de vulgarité et de bêtise, on a bien de la peine à faire le lien avec un acteur qui aura poussé aussi loin la passion et la pratique de l'Art dramatique, et qui aura autant marqué de son empreinte l'histoire du cinéma mondial.

Philippe Thonney

Appréciations

Nom Notes
Philippe Thonney 1
Anne-Béatrice Schwab 0