Casse du siècle (Le)

Affiche Casse du siècle (Le)
Réalisé par Adam McKay
Titre original The Big Short
Pays de production U.S.A.
Année 2015
Durée
Musique Nicholas Britell
Genre Drame, Comédie, Biopic
Distributeur universal
Acteurs Christian Bale, Brad Pitt, Steve Carell, Ryan Gosling, John Magaro
Age légal 12 ans
Age suggéré 12 ans
N° cinéfeuilles 738
Bande annonce

Critique


Pas de braquage, pas de traque policière, pas de «casse» dans The Big Short, qui se présente comme une longue plongée dans le monde bancaire américain du début du siècle. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, quatre «outsiders» cherchent à anticiper l’explosion de la bulle financière qui s’annonce (celle des «subprimes»). Michael Burry (Christian Bale), Mark Baum (Steve Carell), Jared Venett (Ryan Gosling) et Ben Rickert (Brad Pitt), personnages visionnaires et «hors normes», veulent profiter financièrement de la situation. 

Le film d’Adam McKay n’est pas la première incursion du cinéma dans la crise de 2005.  Pour parler des magouilles des banques et des traders indélicats de Wall Street, Scorsese - Le Loup de Wall Street (2013) - avait adopté une forme d’humour noir et un style déjanté. Le film d’Adam  McKay, lui, se veut «inspiré d’une histoire vraie», tirée du roman Le casse du siècle, de Michael Lewis, un écrivain qui s’est intéressé aux coulisses de la crise économique et immobilière de l’époque. Le cinéaste en explore les rouages avec un œil à la fois critique et amusé, usant d’un montage hyperactif et d’une mise en scène parfois proche du documentaire, démultipliant les personnages et ajoutant la «voix off» d’un narrateur (Ryan Gosling) chargé de mettre un peu d’ordre...

Le premier quart d’heure du film est assez déroutant: images de la culture pop de l’époque, montage dynamique, présentation rapide des nombreux protagonistes qui usent d’un jargon professionnel souvent obscur. On saute d’un univers à un autre, tandis que des stars ou des personnalités connues débarquent inopinément dans le récit, avec mission de nous expliquer le sens de certains termes techniques, avant de disparaître… Il y a de l’humour ici, du cynisme par là, le film expose les dessous d’un système qui joue avec l’argent des autres.  

e réalisateur a tenté de rendre tout cela accessible au spectateur «lambda», mais tout va très vite, et l’on peine à identifier les enjeux. La multiplicité des personnages et l’ambiguïté de leurs positions nous font perdre le fil rouge. On saute d’un plan à un autre, le film est très bavard, les séquences se ressemblent beaucoup (réunions et conseils de direction, entretiens, conversations téléphoniques). Le casting est excellent, la priorité est donnée aux gros plans des visages, aux regards expressifs, mais le déroulement de l’intrigue ne titille guère la curiosité: on sait parfaitement où l’on va, et l’épilogue est connu de chacun.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 12
Georges Blanc 8
Geneviève Praplan 12
Nadia Roch 14
Anne-Béatrice Schwab 16