Carol

Affiche Carol
Réalisé par Todd Haynes
Titre original Carol
Pays de production Grande-Bretagne, U.S.A.
Année 2015
Durée
Musique Carter Burwell
Genre Drame, Romance
Distributeur pathefilms
Acteurs Cate Blanchett, Sarah Paulson, Rooney Mara, Kyle Chandler, Carrie Brownstein
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 733
Bande annonce

Critique

Dans le New York du milieu des années 50, Thérèse (Rooney Mara), jeune employée un peu charmeuse d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance de Carol (Cate Blanchett), une cliente sophistiquée etriche, mais malheureuse en ménage. Dès leur première rencontre
s’installe entre elles un sentiment profond, qui va les lier fortement. Elles se retrouveront vite comme prises au piège entre conventions sociales et attirance mutuelle. Carol proposera à Thérèse de partir avec elle dans un voyage improvisé en Amérique. Tout ne sera pas simple, elles connaîtront la vie clandestine…

Dans ce film récemment présenté à Cannes, le cinéaste Todd Haynes place rapidementle décor – années de l’après-guerre, présidence d’Eisenhower, maccarthysme – et s’attache aux pas de ces deux femmes d’âges très différents et en pleine crise existentielle.

Esthétiquement le film est très beau, un peu «papier glacé» tout de même, et se présente comme un mélodrame standard, mais le résultat est un peu mitigé. Si la description de la société bien-pensante, toute prête à condamner et à mépriser le couple, est amorcée, les événements se déroulent de façon assez prévisible. On peine aussi à croire à cette histoire d’amour, malgré les précautions prises (retenue, sensibilité) par le réalisateur. Et si les mouvements de caméra sont parfaits, le récit manque un peu de souffle.

L’interprétation des deux stars Cate Blanchett et Rooney Mara – on acomparé la seconde à Audrey Hepburn - n’est pas en cause, elles sont parfaites, mais l’intérêt de l’idylle reste modeste. Les héroïnes sont anticonformistes, certes, mais le film, lui, ne l’est guère. On aurait souhaité une étude de l’entourage des deux femmes et de la société de l’époque -  à peine esquissée à travers quelques autres personnages (le mari de Carol, une des amies intimes de l’héroïne, un ancien ami de Thérèse) - un peu plus développée. Si l’écriture de Carol est belle, somptueuse même, le rythme est parfois lent. La bande-son musicale, assez lancinante et appuyant tous les effets, ne le dynamise pas.

Antoine Rochat


Combien d’années, pour ne pas dire de décennies, ont dû passer pour que l’homosexualité ne pénalise plus telle femme ou tel homme divorcé(e) au point qu’on ne le ou la sépare plus (définitivement ?) de son enfant ? Carol (Cate Blanchett), en instance de divorce, fait la rencontre fortuite de Thérèse (Rooney Mara, Prix d’interprétation féminine ex-aequo), vendeuse dans un grand magasin,  alors qu’elle fait ses courses de Noël. L’attirance est mutuelle et bouleversera le destin de l’une et l’autre.

Fait divers qui ne mériterait pas qu’on en parle, si cette histoire ne se passait pas dans les années 50 aux Etats-Unis. Haynes a recréé pour cela avec justesse cette période, en apportant un très grand soin tant à la bande-son qu’aux costumes, aux voitures et à tout l’environnement urbain : le moindre détail y sonne juste. Quant la relation qui se noue entre les deux femmes, elle rend, elle aussi précisément cette époque où conventions sociales et rapport à la sexualité se conjuguaient tout autrement qu’aujourd’hui, où différence était synonyme d’anormalité ou de maladie. La réalisation très académique est donc irréprochable, mais sans surprise.

Serge Molla

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 13
Serge Molla 13
Nadia Roch 17
Anne-Béatrice Schwab 20
Georges Blanc 17