Lamb

Réalisé par Yared Zeleke
Titre original Lamb
Pays de production France, Ethiopie, Allemagne, Norvège
Année 2015
Durée
Musique Christophe Chassol
Genre Drame
Distributeur trigonfilm
Acteurs Rediat Amare, Kidist Siyum, Welela Assefa, Rahel Teshome, Surafel Teka
Age légal 10 ans
Age suggéré 10 ans
N° cinéfeuilles 731
Bande annonce

Critique


A quoi ressemble l’Ethiopie? Comment y vit-on au quotidien ? Ce film répond à ces questions à travers la rencontre forte d’un enfant appelé à grandir plus vite que prévu.

Suite à une terrible sécheresse, Ephraïm (RediatAmare) et son père (sa mère est décédée) quittent leur village pour rejoindre une contrée éloignée où réside un cousin et les siens. Ils prendront soin d’Ephraïm pendant que son père tentera de trouver du travail  en ville. Mais heureusement que l’enfant n’est pas seul, et qu’il possède Chuni, son mouton auquel il peut tout confier, car le bonheur n’est pas au rendez-vous dans sa famille d’accueil.  Ephraïm est bien sûr prêt à participer à sa prise en charge, mais il préférerait cuisiner plutôt que de mener les bœufs au labour,commel’y inciteSalomon, son oncle qui considère la cuisine comme une tâche déshonorante pour un garçon.  Ephraïm tente néanmoins de vendre d’excellents samoussas au marché, mais quelques garnements guettent son maigre butin. Il est prêt à retourner à son village natal, mais c’est si loin… Chuni réconforte silencieusement l’enfant, mais le mouton est menacé par les fêtes pascales qui s’accompagneraient bien  d’un ragout! Bref, tout le monde environnant Ephraïm invite à la dissimulation et à la fuite.

Pour son premier film, le réalisateur éthiopien a su rendre la beauté de son pays, ses lumières, sa nature, tout en évitant la carte postale touristique. Au contraire, en adoptant le regard de l’enfant, Zeleke montre sans juger. Ephraïm grandit, il doit faire face au deuil de sa mère, pallier au manque de son père, trouver sa place dans une famille pauvre où il n’est guère le  bienvenu. Il cherche à s’intégrer : iltente de comprendre les rites (chrétiens) qui ne sont pas les siens (il est juif par sa mère), fait alliance avec la matriarche qui préside le clan de son oncle, partage ses connaissances culinaires héritées de sa défunte mère et essaie de s’instruireaux côtés d’une cousine qui rêve de faire des études en écologie – notamment pour combattre la sécheresse – et se montre prêt à se battre pour cela contre tous les préjugés. Tout cela, sans compter qu’Ephraïm doit tout faire pour sauver Chuni, son unique et véritable confident qu’il se voit finalement contraint de confier à une jeune musulmane  pour éviter à sa bête chérie d’être abattue.

Ce film permet donc de dépasser bien des clichés sur un pays qui occupe parfois tristement l’actualité pour donner corps à des gens tous simples désireux de vivre  et de s’en sortir. Et c’est peut-être bien Chuni qui en définitive sera porteuse d’espoir en appelant son maître à lui lâcher la bride, ce que seul, il n’aurait peut-être pas eu le courage de faire. Magnifique parabole d’un mouton salvateur !

Serge Molla


Pour la première fois, un film éthiopien est sélectionné à Cannes. Et pas n'importe lequel, c'est un conte tout en simplicité et en douceur que nous raconte Lamb.
Ephraïm (Rediat Amare), un adorable bambin, voit sa maman mourir dans une région qui souffre de la sécheresse et de la famine. Son père devant aller travailler et ne pouvant s'en occuper, il est contraint d'aller vivre chez son oncle, dans une région un peu plus fertile. Ephraïm se retrouve seul avec pour amie son inséparable brebis. L'enfant s'intègre avec peine. Le deuil de sa maman se fait difficilement et il s'ennuie de son père. Quand il apprend en plus que l'oncle a l'intention de sacrifier l'animal pour le prochain repas de fête, Ephraïm élabore un stratagème pour sauver sa bête et retourner chez lui.

Ce film est peut-être facile, certes, et va émouvoir tant «la bobine» de ce gamin est irrésistible. L'histoire est également pleine d'espoir dans ce monde qui va si mal. Les paysages sont splendides mettant en lumière la magnifique nature africaine. Nous découvrons également une culture différente avec ses traditions culinaires et vestimentaires. Au-delà de ces qualités (ou défauts pour certains), le récit reste toujours assez sobre, sans tomber dans un sentimentalisme démesuré. Ce long métrage offre un pur moment de bonheur, simple et dénué d'artifices, qui peut se savourer en famille.

Nadia Roch

Appréciations

Nom Notes
Serge Molla 18
Nadia Roch 18
Geneviève Praplan 15
Georges Blanc 13